3 Le même chef, après avoir combiné ses forces avec celles de Pompée contre Sertorius, en Espagne, avait souvent offert la bataille à ce dernier, qui la refusait parce qu'il se croyait trop faible contre deux. Quelque temps après, s'étant aperçu que les soldats de Sertorius manifestaient un violent désir de combattre élevant les bras et agitant leurs lances, il pensa qu'il ne devait pas, pour le moment, s'exposer à tant d'ardeur: il fit retirer ses troupes, et conseilla à Pompée d'en faire autant.

4 Le consul Postumius avait, en Sicile, son camp à trois milles de celui des Carthaginois, et chaque jour les généraux ennemis se présentaient avec leur armée jusque sous ses retranchements, dont il leur défendait l'approche en ne leur opposant jamais que de faibles détachements. Déjà cette habitude excitait le mépris des Carthaginois, lorsque Postumius, retenant au camp ses troupes reposées et prêtes à combattre, soutint comme auparavant, avec un petit nombre de soldats, l'incursion des ennemis, et les arrêta même plus longtemps qu'à l'ordinaire. Puis, au moment où ceux-ci, fatigués et pressés par la faim, commençaient à se retirer, vers la sixième heure, le consul, avec ses troupes fraîches, mit en déroute cette armée déjà épuisée, comme nous l'avons dit.

5 Iphicrate, général athénien, étant informé que les ennemis prenaient leur repas tous les jours à la même heure, ordonna à ses troupes d'avancer le leur, puis il les rangea en bataille. Il prit ainsi l'ennemi à jeun, et le tint en échec sans engager le combat, et sans lui permettre de se retirer. Enfin, au déclin du jour, il fit rentrer ses troupes, mais les retint sous les armes. Les ennemis, fatigués d'avoir été sur pied, et souffrant de la faim, coururent aussitôt prendre du repos et de la nourriture; et, au moment où ils n'étaient plus sur leurs gardes, Iphicrate sortit de nouveau, et alla les surprendre dans leur camp.

6 Le même, faisant la guerre aux Lacédémoniens, avait depuis plusieurs jours son camp tout près du leur, et les deux armées allaient habituellement, à de certaines heures, chercher du fourrage et du bois. Il y envoya un jour les esclaves, ainsi que les valets d'armée, déguisés eu soldats, et retint les soldats dans ses retranchements. Lorsque les ennemis se furent dispersés pour faire de semblables approvisionnements, il s'empara de leur camp; et tandis que, sans armes et chargés de fardeaux, ils revenaient attirés par le bruit, il les tua ou les prit facilement.

7 Le consul Virginius, dans la guerre contre les Volsques, voyant ceux-ci fondre sur lui de loin et en confusion, ordonna à ses soldats de s'arrêter et de tenir le javelot en terre. Les Volsques, arrivant hors d'haleine, furent bientôt mis en déroute par les troupes reposées du consul.

8 Fabius Maximus, sachant que les Gaulois et les Samnites[55] excellaient au premier choc, tandis que le courage de ses soldats était infatigable, et s'échauffait même dans la durée du combat, prescrivit à ceux-ci de se borner à soutenir la première attaque, et de fatiguer l'ennemi en traînant l'action en longueur. Ce moyen ayant réussi, il fit avancer les réserves; et, reprenant l'offensive avec toutes ses forces, il mit en fuite l'ennemi dès la première charge.

9 À la bataille de Chéronée, Philippe, se rappelant qu'il avait des troupes endurcies par une longue expérience de la guerre, tandis que celles des Athéniens, braves mais peu exercées, n'avaient de force que dans la première attaque, fit à dessein prolonger le combat; et, aussitôt qu'il vit les Athéniens se ralentir, il fondit sur eux avec plus de vigueur, il les tailla en pièces.

10 Les Lacédémoniens, avertis par des espions que les Messéniens étaient enflammés de fureur, à tel point qu'ils descendaient dans la plaine pour livrer bataille, suivis de leurs femmes et de leurs enfants, différèrent d'en venir aux mains.

11 Pendant, la guerre civile. C. César tenait l'armée d'Afranius et de Petreius assiégée, sans qu'elle pût avoir de l'eau. Exaspérée dans sa détresse, elle avait tué toutes ses bêtes de charge, et était descendue dans la plaine pour offrir la bataille. César retint ses troupes, jugeant défavorable le moment où l'ennemi était poussé par la colère et par le désespoir.

12 Cn. Pompée, voulant faire accepter la bataille à Mithridate, qui fuyait devant lui, choisit la nuit pour lui couper la retraite et pour combattre. Il fit à cet effet ses dispositions, et mit tout à coup l'en nemi dans la nécessité d'en venir aux mains. Il eut même la précaution de disposer ses troupes de manière que celles du roi de Pont fussent éblouies par la clarté de la lune, qu'elles avaient en face, et qui les faisait voir à découvert.