3 L. Sylla, devant Préneste, fit dresser sur des piques, à la vue des assiégés, les têtes de leurs chefs tués dans le combat, et triompha, par ce moyen, de leur obstination à se défendre.
4 Arminius, général des Germains, fit aussi porter sur des piques, près du camp des ennemis, les têtes de ceux qu'il avait tués.
5 Domitius Corbulon, assiégeant Tigranocerte, et voyant les Arméniens résolus à se défendre vigoureusement, fit mettre à mort un de leurs grands qui était son prisonnier, et lancer sa tête, par une baliste, jusque dans leurs retranchements: par un effet du hasard, elle tomba au milieu des barbares, qui tenaient conseil en cet instant même. À cet aspect, épouvantés comme par un prodige, ils s'empressèrent de se rendre.
6 Hermocrate de Syracuse, ayant vaincu les Carthaginois, et craignant que ses prisonniers, dont le nombre était considérable, ne fussent pas gardés avec assez de vigilance, parce que l'heureuse issue du combat pouvait engager ses soldats à faire festin et à négliger le devoir, annonça faussement qu'il devait être attaqué la nuit suivante par la cavalerie ennemie. Dans cette attente, les postes veillèrent avec plus de soin que de coutume.
7 Le même général, voyant que ses troupes, auxquelles le succès inspirait trop de sécurité, étaient ensevelies dans le sommeil et dans le vin, envoya chez les ennemis un espion qui, après s'être fait passer pour déserteur, les avertit que les Syracusains leur avaient tendu des embûches de tous côtés, et les retint dans leur camp par la crainte. Lorsque, plus tard, ils se furent mis en route, les troupes d'Hermocrate les poursuivirent, les culbutèrent dans des ravins, et les défirent une seconde fois.
X. Si l'on a essuyé des revers, il faut y remédier.
1 T. Didius, après avoir soutenu contre les Espagnols un combat opiniâtre, qui fut interrompu par la nuit, et dans lequel il périt beaucoup de monde de part et d'autre, eut soin de donner la sépulture, pendant cette nuit même, à une grande partie de ses morts. Les Espagnols, étant venus le lendemain pour rendre le même devoir aux leurs, et les ayant trouvés plus nombreux que ceux de leurs ennemis, conclurent de cette différence qu'ils étaient vaincus, et se soumirent aux conditions du général romain.
2 L. Marcius, chevalier romain, qui commandait les restes de l'armée des deux Scipions, se trouvant dans le voisinage de deux camps carthaginois éloignés de quelques milles l'un de l'autre, encouragea ses soldats et attaqua, au milieu de la nuit, le camp le plus rapproché. Il tomba sur les ennemis au moment où, se reposant sur leur victoire, ils étaient peu sur leurs gardes, et n'en laissa pas échapper un seul qui pût annoncer leur désastre; puis, après un instant de repos donné à ses troupes, il alla, dans la même nuit, devançant le bruit de son expédition, fondre sur l'autre camp. Par le double échec qu'il fit éprouver aux Carthaginois, il rétablit en Espagne la domination du peuple romain.
XI. Maintenir dans le devoir ceux dont la fidélité est douteuse.
1 P. Valerius, craignant une révolte des habitants d'Épidaure, parce qu'il n'avait que peu de troupes dans cette ville, prépara des jeux gymniques loin des murs. Presque toute la population étant sortie pour jouir de ce spectacle, il ferma les portes, et ne laissa rentrer les Épidauriens qu'après s'être fait donner des otages par les premiers citoyens.