2 Cn. Pompée, qui se méfiait de ceux de Catane, et craignait qu'ils ne reçussent pas ses troupes en garnison, les pria de permettre à ses malades de séjourner temporairement dans leur ville pour se rétablir; et, à l'aide de ses meilleurs soldats, qu'il y envoya en les faisant passer pour des malades, il se rendit maître de la place, et la retint dans l'obéissance.

3 Alexandre, marchant vers l'Asie, après avoir vaincu et soumis les Thraces, et craignant que ces peuples ne reprissent les armes après son départ, emmena avec lui, comme à titre d'honneur, leurs rois, leurs généraux, et tous ceux qui paraissaient avoir à coeur leur liberté perdue; puis il mit le peuple sous la domination de plébéiens qui, lui étant redevables de leur élévation, ne voulurent rien changer à ce qu'il avait fait; et la nation ne put rien entreprendre, n'ayant plus ses véritables chefs.

4 Antipater, voyant arriver les premières troupes des Nicéens, qui, sur un bruit de la mort d'Alexandre, étaient accourus pour ravager ses provinces, feignit d'ignorer leurs intentions, les remercia d'être ainsi venus au secours d'Alexandre contre les Lacédémoniens, et ajouta qu'il en informerait le roi, les engageant, au reste, à retourner chez eux, parce qu'il n'avait pas besoin de leurs services pour le moment. Cet artifice écarta le danger, que rendait imminent le nouvel état des choses.

3 Scipion l'Africain, à qui l'on présenta, en Espagne, entre autres captives, une jeune fille en âge d'être mariée, et dont la rare beauté attirait tous les regards, ordonna qu'elle fût gardée avec soin, et la rendit à son fiancé, qui se nommait Allucius. En outre, l'or que les parents de cette jeune fille avaient apporté pour sa rançon, fut remis en dot par Scipion au fiancé lui-même. Leur nation entière, gagnée par de tels actes de grandeur d'âme, se soumit à l'empire du peuple romain.

4 Alexandre, roi de Macédoine, eut, dit-on, tant d'égards et de respect pour une jeune captive d'une grande beauté, fiancée à un prince d'une nation voisine, qu'il ne jeta pas même les yeux sur elle. Il la renvoya sur-le-champ à celui qu'elle devait épouser, et ce bien fait lui concilia l'amitié de toute la nation.

7 L'empereur César Auguste, dans la guerre où ses victoires sur les Germains lui valurent le surnom de Germanicus, ayant établi des forts sur le territoire des Ubiens, accorda une indemnité à ces peuples pour la perte du revenu des terrains compris dans les retranchements. Cet acte de justice, que la renommée publia, lui assura la fidélité de tous.

XII. Ce qu'il faut faire pour la défense du camp, lorsqu'on n'a pas assez de confiance en ses forces.

1 Le consul T. Quinctius, au moment où les Volsques se disposaient à attaquer son camp, ne retint sous les armes qu'une seule cohorte, envoya le reste de son armée se reposer, et ordonna aux trompettes de monter à cheval et de sonner en faisant le tour des retranchements. Cette fausse apparence ayant tenu les ennemis à distance et sur pied pendant toute la nuit, Quinctius fondit sur eux au point du jour, et défit aisément des troupes fatiguées de n'avoir pas dormi.

2 Q. Sertorius, en Espagne, ayant une nombreuse cavalerie, qui s'avançait trop audacieusement jusque vers les retranchements de l'ennemi, fit creuser, pendant la nuit, des fosses disposées de manière à couvrir son armée; puis, lorsque ses cavaliers voulurent sortir comme de coutume, il leur annonça qu'il était informé que l'ennemi avait dressé des embûches, et leur défendit, pour cela même, de s'éloigner de leurs enseignes, et de quitter leurs rangs. Grâce à cet acte d'adresse et de discipline, ses troupes qui, par hasard, donnèrent dans une véritable embuscade, n'en prirent point l'épouvante, parce qu'il les avait averties.

3 Charès, général athénien, qui attendait du secours, et pensait que dans l'intervalle les ennemis, n'ayant rien à redouter du petit nombre de ses soldats, viendraient attaquer son camp, fit sortir la plus grande partie de ses troupes pendant la nuit, et par derrière, avec ordre de rentrer du côté où elles seraient le mieux à la vue de l'ennemi, pour faire croire que des renforts arrivaient. Cet artifice le mit en sûreté jusqu'à ce qu'il eût reçu les troupes qu'il attendait.