4 Iphicrate, général athénien, étant campé dans une plaine, et ayant appris que les Thraces, qui s'étaient établis sur des collines d'où l'on ne pouvait descendre que par un seul endroit, avaient dessein de venir piller son camp pendant la nuit, fit sortir secrètement ses troupes et les posta de chaque côté du chemin par lequel les Thraces devaient passer; et, lorsque ceux-ci accoururent du haut des collines vers le camp, où un grand nombre de feux, allumés par les soins de quelques hommes, faisaient croire à la présence de toute l'armée, il les attaqua par les deux flancs et les tailla en pièces.

XIII. De la retraite.

1 Les Gaulois, étant près d'en venir aux mains avec Attale, confièrent tout leur or et leur argent à des hommes sûrs, qui avaient ordre, en cas de défaite, de le semer dans la campagne, afin que l'ennemi, occupé à ramasser ce butin, les laissât échapper plus facilement.

2 Tryphon, roi de Syrie, vaincu et obligé de fuir, sema de l'argent le long de son chemin; et, tandis que la cavalerie d'Antiochus s'arrêtait à le recueillir, il opéra sa retraite.

3 Q. Sertorius, défait par Metellus Pius, et craignant de ne pouvoir assurer sa retraite, ordonna à ses soldats de se disperser en prenant la fuite, et leur fit connaître le lieu où il voulait qu'on se ralliât.

4 Viriathe, chef des Lusitaniens, échappa à la poursuite de notre armée et au désavantage des lieux, par le même moyen que Sertorius, en dispersant ses troupes pour les rassembler ensuite[88].

5 Horatius Coclès, vivement poursuivi par l'armée de Porsena, fit rentrer ses compagnons dans Rome par un pont qu'il ordonna de couper aussitôt, pour arrêter la poursuite de l'ennemi. Pendant cette opération, Coclès soutenait seul, à la tête du pont, les efforts des assaillants; et, quand il entendit le fracas de ce pont qui tombait, il se jeta dans le fleuve et le traversa à la nage, chargé de ses armes et couvert de blessures.

6 Afranius, fuyant du côté d'Ilerda, en Espagne, devant César, qui le suivait de près, s'arrêta pour camper; et, lorsque César en eut fait autant, et eut envoyé ses soldats au fourrage, Afranius donna tout à coup le signal du départ.

7 Antoine, faisant retraite, vivement pressé par les Parthes, et s'étant aperçu que toutes les fois qu'il se mettait en route au point du jour, ses troupes étaient assaillies par les flèches de ces barbares, se tint dans son camp jusqu'à la cinquième heure, pour que l'on crût qu'il voulait y séjourner. Dans cette confiance, les Parthes se dispersèrent, et Antoine fit sans obstacle une marche ordinaire pendant le reste du jour.

8 Philippe, vaincu en Épire par les Romains, et craignant d'être accablé dans sa retraite, demanda et obtint une trêve pour ensevelir ses morts; et, la vigilance des postes romains s'étant relâchée pendant ce temps, il s'échappa.