9 P. Claudius, battu sur mer par les Carthaginois[89], et obligé de traverser des parages qu'ils occupaient, orna, comme s'il eût été vainqueur, les vingt vaisseaux qui lui restaient, et gagna le large en intimidant ainsi les Carthaginois, qui crurent que les Romains avaient remporté la victoire.

10 La flotte carthaginoise, défaite et poursuivie par les Romains, feignit, pour leur échapper, de s'être engagée sur un banc de sable; et, imitant la manoeuvre de vaisseaux engravés, elle réussit à faire craindre le même embarras aux vainqueurs, qui lui laissèrent la retraite libre.

11 Commius, chef des Atrébates, vaincu par Jules César, et voulant passer de la Gaule dans la Bretagne, vint sur le bord de l'Océan, où il trouva le vent favorable, mais la marée basse. Quoique ses vaisseaux fussent à sec sur le rivage, il fit néammoins tendre les voiles. César, qui le poursuivait, ayant vu de loin les voiles déployées, et enflées par le vent, se retira, persuadé que l'ennemi voguait heureusement, et lu échappait.

LIVRE TROISIÈME.

PRÉFACE.

Si les deux premiers livres ont répondu à leurs titres et mérité jusqu'ici l'attention du lecteur, nous offrirons dans celui-ci, les stratagèmes qui intéressent l'attaque et la défense des villes; et, sans nous arrêter à aucun avant-propos, nous indiquerons d'abord les exemples utiles aux assiégeants, puis ceux qui peuvent instruire les assiégés. Ayant laissé de côté les ouvrages et machines de siège[90], dont la découverte, depuis longtemps perfectionnée, n'offre plus à l'art une matière nouvelle, nous avons classé comme il suit les ruses qui regardent l'attaque:

Chapitres

I Des attaques soudaines.

II. Tromper les assiégés.

III Avoir des intelligences dans la place.