La fable était blonde. Une couleur chaude se mouvait sur toutes choses. Quelqu´un, arrivant chaque jour, me couvrait de fleurs, disait: "Viens", me conduisait en courant à la digue verdoyante et silencieuse, chantait. Deux points d´or dans les yeux, un pli violent et lumineux dans ses cheveux.

Amour, voix au lent essor!

Long rayonnement des regards, et sans qu´une seule de ses boucles touchât mon front, si je fermais les yeux une fête resplendissante demeurait sur mes cils.

Baisers sur mes mains, prolongés. Et ses doigts plongés dans ma chevelure, profondément, comme le vent dans les racines.

Plus près, plus près!

Le monde est transfiguré. Les sylphes règnent. Quelqu´un me presse la bouche avec sa bouche, en ce vaste frisson d´innocence, oh! lumières d´or, quelqu´un qui est femme comme moi, et enfant.

"Femme"!

Dieu ne mit pas la peur en moi.

Dieu a toujours voulu, dans son terrible coeur, m´appeler loyale.

Dieu qui seul supporte mes larmes, mes cris déchirants, la misère et la dévastation qui sur mon visage se montrent parfois comme sur une lande battue par sa colère nocturne --, lui seul aussi sait si j´ai été, si je suis digne d´avoir accepté son pacte pour l´éternité.