Pourquoi mon enfant, qui était mien comme aucun enfant n´a été enfant de mère, pourquoi me fut-il ravi non pas mort, mais avec tous ses membres sains, avec ses yeux ouverts et sa bouche changée qui me renie, qui dit qu´il ne me veut plus?
Et comme pour lui, que je ne cherche plus, qui n´est plus seulement que le souvenir d´un déchirement de mes chairs, d´une douleur dans mes chairs lacérées, quand elles souffrent de tout autre chose; de même pour l´homme qui ne voulut pas me garder comme soeur, qui me repoussa de son ombre.
Des forces me répondent, qui n'ont pas de noms, des voix d´immense volume, élevées, mais semblant aussi souterraine. Tout mon délire, tout mon martyre ne suffisent pas pour les interpréter. Dispersées comme des arômes. Dispersées comme des arômes.
Mais elles répondent. Elles existent. Je les entends, Je n´ai plus d´explication à demander.
L'âme qui s´est aventurée est perdue, mon âme, elles la soulèvent, elles l´abîment. Presque arôme, elle aussi. Centre, rayon, je ne sais pas, elles ne savent pas.
Ou peut-être pollen?
Où, où me poserais-je?
Et la volonté enflammée qu´en moi j´appelais volonté d´amour, tendait-elle à cela?
L´élan dépassa le but. Il n'y a plus de noms.
C´était l´amour. Avec quel frémissement de touche! avec quelle fureur de don!
Qui, maintenant, féconderai-je?