Kral et Kubitzky me furent donnés comme infirmiers, tous deux me servaient avec affection.

Chaque fois que j’avais un peu ma connaissance, Kral me répétait :

« Ayez confiance en Dieu ; Dieu seul est bon.

— Priez pour moi, lui disais-je, non pas pour qu’il me guérisse, mais pour qu’il accepte mes maux et ma mort en expiation de mes péchés. »

Il me suggéra la pensée de demander les sacrements.

« Si je ne les ai pas demandés, répondis-je, attribuez-le à la faiblesse de ma tête ; mais ce sera pour moi une grande consolation de les recevoir. »

Kral rapporta mes paroles au surintendant, et on fit venir le chapelain des prisons.

Je me confessai, je communiai, et je reçus l’huile sainte. Je fus content de ce prêtre. Il s’appelait Sturm. Les réflexions qu’il me fit sur la justice de Dieu, sur l’injustice des hommes, sur le devoir du pardon, sur la vanité de toutes les choses du monde, n’étaient pas des trivialités ; elles portaient l’empreinte d’une intelligence élevée et cultivée, et d’un vif sentiment du véritable amour de Dieu et du prochain.

CHAPITRE LXXIV

L’effort d’attention que je fis pour recevoir les sacrements semblait devoir épuiser mes forces vitales, mais il me fit au contraire du bien, en me jetant dans une léthargie de quelques heures qui me reposa.