DU PREMIER VOLUME.

CE SONT LES LEIS & les Coustumes que li Reis Villiam grantut a tut le Peuple de Engleterre, aprés le Conquest de la Terre. Ice les meismesque les Reis Edward sun Cosin tint devant lui. [30] [Note 30: ] [ (retour) ] Ici commencent les Pieces justificatives de ce que j'ai dit dans mon Discours Préliminaire. HÆ SUNT LEGES & consuetudines quas Willelmus Rex concessit universo Populo Angliæ post subactam Terram. Eædem sunt quas Edwardus Rex, cognatus ejus observavit ante eum.

[Note 30: ] [ (retour) ] Ici commencent les Pieces justificatives de ce que j'ai dit dans mon Discours Préliminaire.

I.
Co est a saveir, Pais a Saint Yglise. De quel forfait que home out fait en fel tens; & il pout venir a Saint Yglise; out pais de vie & de membre. E se alquons meist main en celui qui la Mere Yglise requirit, se ceo fust v Abbeie, v Yglise de Religion, rendist ce que il i avereit pris, e cent sols de forfait: & de Mer Yglise de Paroisse xx. sols: & de Chappele x. sols. E que enfraint la pais le Rei en Merchenelae cent sols les amendes, altrefi de Heinfare & de avveit purpensed.
I. De Asylorum Jure & Immunitate Ecclesiastica. Scilicet, Pax sanctæ Ecclesiæ cujuscunque forisfacturæ quis reus sit hoc tempore, & venire potest ad sanctam Ecclesiam: pacem habeat vitæ & Membri. Et si quis injecerit manum in id quod Mater Ecclesia postulaverit, sive sit Abbatia, sive Ecclesia Religionis, reddat id quod abstulerit, & centum solidos nomine Forisfacturæ. Et de Matrice Ecclesia Parochiali xx. solidos. Et de Capella x. solidos. Et secundùm pacem Regis in Legibus Merciorum centum solidis emendet: similiter de Heinfare, & de insidiis præcogitatis.
II.
Icee plaiz afierent a la Coroune le Rei. Et se alquens, v quens, uxvost, meffeist as homes de sa baillie, e de ço fuist atint de la Justice li Roi, forfait fuist a double de ce comme altrè fuist forfait.
II. De Hominum Regis privilegio. Haec placita spectant ad Coronam Regis. Et si qui malè fecerint hominibus illius Ballivæ & de hoc sit attinctus per Justitiam Regis, Forisfactura sit dupla illius quàm alius quispiam Forisfecerit.
HAS REGIS VILLELMI Leges Latinè sic reddidit vir Clar. Carolus du Frêne Dom. du Cange Quæstor Regius. LOIX ET COUTUMES que le Roi Guillaume donna aux Anglois après sa conquête. Ces Loix sont les mêmes que celles qui étoient suivies en Angleterre sous le Roi Edouard son prédécesseur.
I. Scilicet pax sanctæ Ecclesiæ, quodcunque forisfactum quis fecerit hactenus, & venire potest ad sanctam Ecclesiam, pacemhabeat vitæ & membri. Et si quis injecerit manum in eum qui Matrem Ecclesiam requisierit, si ea sit vel Abbatia, vel Ecclesia religionis, reddat eum quem ceperit, & centumsolidos pro forisfactura: & de Matre Ecclesia Parochiali xx. solidos: & de Capella x. solidos. Et qui infringit pacem Regis in Lege Merciorum, centum solidorum sint emendæ, similiter de Heinfare, & de insidiis præcogitatis. Traduction. En ce qui touche la paix de l'Eglise, il faut observer que tout malfaiteur qui pourra se réfugier en une Eglise ne sera puni d'aucune peine capitale ni même corporelle; & si quelqu'un est assez hardi pour se saisir de celui qu'une Eglise reclamera, il sera condamné à le restituer, & à l'Eglise, si c'est une Abbaye ou une Communauté Religieuse, vingt sols, si c'est une Eglise Paroissiale, & dix sols si c'est une Chapelle. L'amende dans la Loi des Merciens, pour toute paix enfreinte, est de cent sols; la peine est la même pour toute espece d'infraction ou de crime commis de dessein prémédité.
II. Hæc placita spectant ad Coronam Regis. Et si quis sive Comes, sive Præpositus malefecerit hominibus suæ Ballivæ, & de hoc sit attinctus sive convictus, per justitiam Regis, forisfactura sit dupla illius quàm alius quispiam forisfecerit. Traduction. Si quelqu'un, soit Comte, soit Prevôt, fait quelque dommage aux hommes de son Bailliage, il sera condamné au double de l'amende à laquelle tout autre auroit été condamné pour le même délit; mais la Cour du Roi peut seule lui faire son Procès.