De lui donner sa délivrance;
Mais dans ses fers, grâces à vous,
Il n'est plus rien qui le retienne,
Et, de concert, chacun de vous
Brise un des anneaux de sa chaîne[23].
Aussitôt parut le vieillard, que Sophie avait secrètement tiré de sa prison. Tout le monde applaudit à ce joli tour, et la fille de cet infortuné fut encore dotée par la bienfaisance de l'assemblée, qui doubla la valeur des mises.
Cette anecdote a fourni à MM. Barré, Radet et Desfontaines le sujet d'une comédie intitulée Sophie Arnould, pièce qui fut représentée pour la première fois à Paris, sur le théâtre du Vaudeville, en pluviôse an 13.
L'amant de Mlle Durancy alla un matin lui souhaiter sa fête; et, pour mieux placer son bouquet, il lui enleva son fichu. La belle, prise au dépourvu, voulut se fâcher. «Calme-toi, lui dit Sophie, qui entra dans ce moment-là, ne sais-tu pas qu'un jour de fête on découvre les seins (saints).»