Mlle Asselin, danseuse de l'Opéra, faisait beaucoup de dépense et payait fort mal ses créanciers. Après avoir eu successivement plusieurs amans qui n'avaient point amélioré ses affaires, elle s'amouracha d'un mousquetaire nommé de Termes. Sophie ayant appris cette nouvelle liaison, lui dit:—Eh bien! ma chère, voilà toutes tes dettes payées.—Comment cela?—Qui a TERME ne doit rien.
Dorat était d'une constitution faible. Né de parens énervés, livré lui-même au torrent des plaisirs, sans caractère et sans énergie, il ne pouvait avoir que des grâces dans l'esprit, et ses grâces étaient maniérées. «Ce petit Dorat, disait Mlle Arnould, ressemble à une colonne de marbre; il est sec, froid et poli.»
Un jeune acteur doué d'un physique agréable, mais ayant une prononciation vicieuse, venait débuter à Paris. On le présenta à Sophie; elle lui fit répéter quelques rôles, et dit ensuite à son Mécène: «Votre protégé est charmant; il ne lui manque que la parole.»
Mlle Durancy amena un soir au foyer de l'Opéra un petit garçon d'une charmante figure. Cet enfant de l'amour était caressé de tout le monde, et il rendait caresse pour caresse. Sophie le voyant aller de l'un à l'autre, lui dit, en le prenant sur ses genoux: «Mon petit ami, est-ce que tu cherches ton papa?»
Un jeune seigneur, grand chasseur et fort inconstant dans ses amours, lui adressa les propositions les plus galantes. Sophie, qui connaissait sa légèreté, lui envoya pour réponse un tableau qui représentait un lévrier dormant auprès d'un lièvre, avec ces mots pour devise:
Il néglige ce qu'il a pris.