Une femme galante dissertant sur la politique, disait que la constitution anglaise était celle qui lui plaisait le plus. «C'est sans doute, répartit Sophie, à cause de l'habeas corpus.»


Lorsqu'on proposa dans l'assemblée constituante de charger les magistrats civils de quelques fonctions religieuses exercées par les prêtres, elle dit: «Je ne serais pas fâchée que l'on supprimât le baptême; du moins tout ne se ferait pas par compère et par commère.»

On lisait devant elle un ouvrage sur la révolution, lequel ne paraissait pas lui inspirer beaucoup d'intérêt. Son lecteur qui s'apercevait que le sommeil la gagnait, crut à propos d'élever la voix. Il en était à un passage à peu près ainsi conçu: Toute la France n'était alors qu'une vaste Bastille. «Oh! cela est bien vrai, dit-elle aussitôt en l'interrompant et feignant de revenir d'une sorte d'assoupissement, cela est bien vrai, un vaste jeu de quilles


Mlle Saint-Huberti, en paraissant à l'Opéra, causa une révolution dans l'art du chant: on n'avait point encore vu d'exemple d'une déclamation aussi noble et d'une sensibilité aussi touchante; elle quitta le théâtre jeune encore, et après avoir été la maîtresse du marquis de Louvois et de plusieurs autres, elle devint l'épouse du comte d'Entraigues, membre de l'assemblée constituante; ce qui fit dire à Mlle Arnould que ce représentant «avait changé le frontispice d'un livre qui avait eu beaucoup de vogue


Il fut ordonné en 1793 que chaque individu affichât sur sa porte son nom, son âge et sa profession. Sophie Arnould subit la loi commune, mais elle ne mit que quarante-trois ans, quoiqu'elle eût deux lustres de plus.—Je crois que vous trichez, lui dit un de ses amis, car tout le monde vous donne cinquante ans.—Il se peut qu'on me les donne, reprit-elle, mais je ne les prends pas.