Ellénore et ses deux amis se livraient à leur enthousiasme pour cette belle tragédie coloriée, ils se communiquaient leurs réflexions admiratrices sur ce chef-d'oeuvre, lorsqu'ils furent interrompus par les voix de plusieurs personnes qui entraient dans la chapelle. Une d'elles s'écria:
—Eh vraiment, je ne me trompe pas, c'est le prince de P… et le chevalier de Pa…
—Vous ici, madame, dit le prince en se retournant; et par quel hasard?
—Mais, par la même raison que vous, je pense, pour venir admirer ces tableaux. M. de Savernon nous a tant répété que nous ne pouvions rester si près de tant de belles choses sans les connaître, que madame de C… et moi nous nous sommes décidées subitement à venir les voir. Mais avec qui êtes-vous là? ajouta la princesse de Waldemar, en apercevant madame Mansley, qui, les yeux fixés sur le tableau de Rubens, en paraissait uniquement occupée.
—Avec madame Mansley, répondit courageusement le prince.
—Comment dites-vous? reprit la princesse en se troublant.
—Avec madame Mansley, vous dis-je, il n'y a rien là de fort étonnant.
—Avec cette maîtresse de Rosmond? cette Irlandaise qu'il a laissée là pour se marier?…
—Je ne sais ce que vous voulez dire, répliqua le prince avec humeur; je suis l'ami de madame Mansley et je n'aime pas à entendre mal parler des gens que j'aime.
En finissant ces mots, le prince salua madame de Waldemar et vint rejoindre Ellénore au moment où M. de Savernon s'avançait vers elle très-timidement, et s'informait des nouvelles de sa santé du ton dont on demande pardon. Ellénore lui répondit par un salut très-froid, et prenant le bras que lui offrait le prince: