—Vraiment, en vous voyant aussi tremblante, j'hésite à vous le dire.

—Parlez, Frédérik… je vous en supplie! quel malheur l'a frappé?…

—Eh bien!… c'est le dernier…

—Il est mort! s'écria Ellénore en pâlissant.

—Oui, mort subitement…

—Et en maudissant Ellénore! s'écria-t-elle en sanglotant.

—Je ne le pense pas, reprend Frédérik. Ses dispositions en votre faveur en doivent ôter l'idée. La preuve en est dans la lettre que m'écrit M. Bernardi, son notaire et le mien.

Et voyant qu'Ellénore est trop absorbée dans sa douleur pour prendre connaissance de cette lettre, Frédérik se met à la lire tout haut.

«Monsieur le marquis,

»On m'assure que vous seul savez dans quel endroit s'est retirée mademoiselle Ellénore Mansley, après avoir quitté le château de M. le marquis de Croixville. Si cela est, veuillez avoir la bonté de faire parvenir à cette demoiselle la nouvelle de la mort du marquis de Croixville, qui a succombé, la semaine dernière, à une attaque d'apoplexie. Faites savoir à ladite demoiselle qu'elle est propriétaire d'une somme de trois cent mille francs, déposée chez moi, il y a un an, en son nom, somme dont M. de Croixville avait déclaré être le simple gérant, et qui doit être remise à sa mort entre les mains de la demoiselle Mansley. Ci-joint une procuration en bonne forme pour toucher cette somme et la remettre à qui de droit.