— Et M. le marquis vous a trouvé là-haut ?

— Oui, là-haut.

— Tiens !

Il resta songeur un instant. Puis, s’adressant aux hommes :

— C’est bon. Vous pouvez aller, Buzeaud. Je prends sous ma responsabilité ce monsieur… qui fera bien de quitter cette mascarade. Quant à vous, ajouta-t-il pour les trois ou quatre individus qui l’accompagnaient, allez m’attendre là-haut. Dites à M. Flandrin — et c’est mon dernier mot — que quoi qu’il arrive le maire ne doit pas hisser le signal pour réclamer la troupe. Il lui dira de ma part tout ce qu’il voudra… par exemple que je le ferai pendre aux plus hauts créneaux de la tour… mais qu’on se garde bien de mettre cette menace à exécution. C’est compris ?

— Oui, monsieur.

— Allez. Je vous rejoins dans un instant.

Ils sortirent, laissant une lanterne sur le carreau, et je restai seul avec Froment. J’attendais qu’il me parlât, mais il ne me regardait même pas. Au contraire, allant à la fenêtre ouverte, il s’y accouda, considéra la nuit, et resta ainsi quelques minutes sans mot dire. Les ordres qu’il venait de donner avaient-ils modifié réellement le cours de ses idées, ou bien ne savait-il encore de quelle façon me traiter ? c’est un point qui m’échappe. A plusieurs reprises, je l’ouïs soupirer, et à la fin il me dit à brûle-pourpoint :

— Trois cohortes seulement ont répondu à l’appel !

Je ne sais ce qui me poussa, mais je le suivis sur ce terrain :