— Arrêtez ! dit Louis, d’une voix rendue rauque par la douleur. Cette comédie n’a que trop duré. Je veux qu’elle cesse.

— Vous dites, monsieur ?

— Je dis que cela suffit ! riposta Louis d’un ton farouche, un sanglot dans la gorge. Avouez-lui la vérité.

— Elle ne me croira pas.

— C’est égal, tout vaut mieux que ceci.

— Parlez-vous sérieusement, monsieur ? interrogea le médecin avec gravité, en le regardant.

— Tout à fait sérieusement.

— Alors je ne m’en mêle plus, reprit l’homme de l’art. Je décline toute responsabilité. Mais je ne vous laisserai pas intervenir, monsieur, avant de vous exposer les conséquences inévitables qui en résulteront.

— Ma mère ne peut guérir ! fit Louis avec obstination.

— Non, monsieur, elle ne peut guérir ; et elle ne vivra plus, à mon avis, que peu d’heures. Lorsque la fièvre qui la soutient viendra à tomber, ce sera le coma, puis la mort. A vous de voir si elle fermera les yeux, ignorante du malheur qui la frappe dans la personne de son fils, ou si elle mourra…