Le tempérament athlétique ne trouve ce genre de malheur que par épuisement ou faiblesse corporelle, au contraire des tempéraments nerveux et mélancoliques, qui semblent créés tout exprès.

Souvent, en se fatiguant auprès d'une autre femme, ces pauvres mélancoliques parviennent à éteindre un peu leur imagination, et par là à jouer un moins triste rôle auprès de la femme objet de leur passion.

Que conclure de tout ceci? Qu'une femme sage ne se donne jamais la première fois par rendez-vous.—Ce doit être un bonheur imprévu.

Nous parlions ce soir de fiasco à l'état-major du général Michaud, cinq très beaux jeunes gens de vingt-cinq à trente ans et moi. Il s'est trouvé que, à l'exception d'un fat, qui probablement n'a pas dit vrai, nous avions tous fait fiasco la première fois avec nos maîtresses les plus célèbres. Il est vrai que peut être aucun de nous n'a connu ce que Delfante appelle l'amour-passion.

L'idée que ce malheur est extrêmement commun doit diminuer le danger.

J'ai connu un beau lieutenant de hussards, de vingt-trois ans, qui, à ce qu'il me semble, par excès d'amour, les trois premières nuits qu'il put passer avec une maîtresse qu'il adorait depuis six mois, et qui, pleurant un autre amant tué à la guerre, l'avait traité fort durement, ne put que l'embrasser et pleurer de joie. Ni lui ni elle n'étaient attrapés.

L'ordonnateur H. Mondor, connu de toute l'armée, a fait fiasco trois jours de suite avec la jeune et séduisante comtesse Koller.

Mais le roi du fiasco, c'est le raisonnable et beau colonel Horse, qui a fait fiasco seulement trois mois de suite avec l'espiègle et piquante N… V…, et, enfin, a été réduit à la quitter sans l'avoir jamais eue.

FRAGMENTS DIVERS

J'ai réuni sous ce titre, que j'aurais voulu rendre encore plus modeste, un choix fait sans trop de sévérité parmi trois ou quatre cents cartes à jouer sur lesquelles j'ai trouvé des lignes tracées au crayon; souvent ce qu'il faut bien appeler le manuscrit original, faute d'un nom plus simple, est bâti de morceaux de papier de toute grandeur écrits au crayon, et que Lisio attachait avec de la cire pour ne pas avoir l'embarras de recopier. Il m'a dit une fois que rien de ce qu'il notait ne lui semblait une heure après valoir la peine d'être recopié. Je suis entré dans ce détail avec l'espérance qu'il me servira d'excuse pour les répétitions.