LII
Orgueil féminin.
Bologne, 18 avril, 2 heures du matin.
Je viens de voir un exemple frappant; mais, tout calcul fait, il faudrait quinze pages pour en donner une idée juste, j'aimerais mieux, si j'en avais le courage, noter les conséquences de ce que j'ai vu à n'en pas douter. Voilà donc une conviction qu'il faut renoncer à communiquer. Il y a trop de petites circonstances. Cet orgueil est l'opposé de la vanité française. Autant que je puis m'en souvenir, le seul ouvrage où je l'aie vu esquissé, c'est la partie des Mémoires de Mme Roland où elle conte les petits raisonnements qu'elle faisait étant fille.
LIII
En France, la plupart des femmes ne font aucun cas d'un jeune homme jusqu'à ce qu'elles en aient fait un fat. Ce n'est qu'alors qu'il peut flatter la vanité.
Duclos.
LIV
Modène, 1820.
Zilietti me dit à minuit, chez l'aimable Marchesina R…: «Je n'irai pas dîner à San-Michelle (c'est une auberge); hier j'ai dit des bons mots, j'ai été plaisant en parlant à Cl***, cela pourrait me faire remarquer.»
N'allez pas croire que Zilietti soit sot ou timide. C'est un homme prudent et fort riche de cet heureux pays-ci.