LXXVIII
En amour, quand on divise de l'argent, on augmente l'amour; quand on en donne, on tue l'amour.
On éloigne le malheur actuel, et pour l'avenir l'odieux de la crainte de manquer, ou bien l'on fait naître la politique et le sentiment d'être deux, on détruit la sympathie.
LXXIX
(Messe des Tuileries, 1811.)
Les cérémonies de la cour avec les poitrines découvertes des femmes, qu'elles étalent là comme les officiers leurs uniformes, et sans que tant de charmes fassent plus de sensation, rappellent involontairement à l'esprit les scènes de l'Arétin.
On voit ce que tout le monde fait par intérêt d'argent pour plaire à un homme; on voit tout un public agir à la fois sans morale et surtout sans passion. Cela joint à la présence de femmes très décolletées avec la physionomie de la méchanceté et le rire sardonique pour tout ce qui n'est pas intérêt personnel payé comptant par de bonnes jouissances, donne l'idée des scènes du Bagno, et jette bien loin toute difficulté fondée sur la vertu ou sur la satisfaction intérieure d'une âme contente d'elle-même.
J'ai vu, au milieu de tout cela, le sentiment de l'isolement disposer les cœurs tendres à l'amour.
LXXX
Si l'âme est employée à avoir de la mauvaise honte et à la surmonter, elle ne peut pas avoir du plaisir. Le plaisir est un luxe; pour en jouir, il faut que la sûreté, qui est le nécessaire, ne coure aucun risque.