Je ne trouve rien dans André ou dans Nostradamus qui me mette à même de résoudre cette question.
Deux troubadours, Simon Doria et Lanfranc Cigalla, agitèrent la question: «Qui est plus digne d'être aimé, ou celui qui donne libéralement, ou celui qui donne malgré soi, afin de passer pour libéral?»
Cette question fut soumise aux dames de la cour d'amour de Pierrefeu et de Signe; mais les deux troubadours ayant été mécontents du jugement, recoururent à la cour d'amour souveraine des dames de Romain[247].
[247] Nostradamus, page 131.
La rédaction des jugements est conforme à celle des tribunaux judiciaires de cette époque.
Quelle que soit l'opinion du lecteur sur le degré d'importance qu'obtenaient les cours d'amour dans l'attention des contemporains, je le prie de considérer quels sont aujourd'hui, en 1822, les sujets de conversation des dames les plus considérées et les plus riches de Toulon et de Marseille.
N'étaient-elles pas plus gaies, plus spirituelles, plus heureuses, en 1174 qu'en 1822?
Presque tous les arrêts des cours d'amour ont des considérants fondés sur les règles du code d'amour.
Ce code d'amour se trouve en entier dans l'ouvrage d'André le chapelain.
Il y a trente et un articles, les voici: