Si les Allemands, cette nation sentimentale et sans énergie, qui meurt d'envie d'avoir un caractère, et qui ne peut en venir à bout, composaient le beau moderne, ils y feraient entrer un peu plus d'innocence et un peu moins d'esprit[379].

L'Espagne, qui, après tant de courage, montre tant de bêtise, aura des artistes dans vingt ans, si elle a une constitution. Nous verrons alors quel sera son goût, car, depuis Philippe II, elle est muette.

Telle est la force des choses et la faiblesse des hommes, que le génie du despotisme aura semé dans toute l'Europe la constitution anglaise qu'il abhorrait, et par là changé les arts. C'est que mille petits liens enchaînaient le liége au fond des eaux.

[368] Léopold, le comte de Firmian, Joseph II, ont répandu la vertu, mais sans esprit; il fallait créer des institutions, forcer les hommes par leur intérêt à être bons, et ne pas compter niaisement sur une exception, le hasard qui fait un honnête homme d'un despote.

[369] Léopold prohiba la commedia dell'arte, beau genre de littérature indigène à l'Italie.

[370] Cimarosa est jeté dans un cachot, et y prend la maladie dont il est mort; Canova est fait marquis.

[371] Beccaria et Verri étaient dans le gouvernement.

[372] Le prince Belgiojoso.

[373] Campagne de Murat en 1815. Incroyable lâcheté. Le meilleur voyage à faire, plus curieux que celui du Niagara ou du golfe Persique, c'est le voyage de Calabre. Les premiers donnent sur l'homme plus ou moins sauvage des vérités générales et connues depuis cinquante ans. Du reste, à Pétersbourg, comme à Batavia, on trouve l'honneur. Passé le Garigliano, ce grand sentiment des modernes n'a pas pénétré.

Les soldats de Murat disaient: «Se il nemico venisse per le strade maestre, si potrebbe resistar, ma viene per i monti.»