Un beau colonel, en grand uniforme, garni de plusieurs croix, arrive à Rome au moment des batailles; on lui demande ce qu'il vient faire; il répond avec une franchise inouïe: «Che volete ch'io faccia? Si tratta di salvarsi la vita. Vanno a battersi, io son venuto quì.»
Le brave général Filangieri cherche à retenir ses soldats, qui répondent à ses cris: «Ma, signor generale, c'è il cannone;» et ce sont les anciens Samnites qui font de ces sortes de réponses!
Pour pénétrer dans les Calabres, on se déguise en prêtre. Là, on voit les jeunes filles ne sortir qu'armées de fusils; à tout instant, on entend les armes à feu. Les plus farouches des hommes en sont les plus lâches. Apparemment que leurs nerfs trop sensibles leur font de la mort et des blessures une image trop horrible, et que la colère seule peut faire disparaître. (Note de sir W. E.)
[374] Foscolo était persécuté; mais les jeunes gens commençaient à lire un peu.
[375] Il fut secondé par un grand ministre, le comte Prina. On sait qu'il fut assassiné par des paysans gagés. Le bon peuple milanais est innocent de ce crime.
[376] Quand j'étais en garnison à Novarre, j'observais deux choses: que très-souvent l'on trouvait dans la campagne des trésors formés par des voleurs morts sans avoir fait de confidence, et que, lorsque, dans la ville, quelqu'un était attaqué, on se gardait bien de crier: Au voleur! personne ne serait venu; on criait: Au feu!
[377] Vita. Édition des classiques; les pages 71, 110 et 113 montrent que la force doit entrer dans la beauté d'Italie.
Burckardt, Journal d'Alexandre VI, pass. Brantôme.
Rolland, Voyage à Brescia; les valets d'auberge faisaient leur service les pistolets à la ceinture.
[378] La rareté des empoisonnements prouve que les mœurs de la bonne compagnie ont gagné depuis cinquante ans; en général, on n'empoisonne pas plus qu'en France; je ne connais dans ce genre que la mort d'un beau jeune homme de Lucques.