«—Voilà le républicain qui commence ses menées,» dirent plusieurs officiers qui ne l'aimaient pas.
Le colonel Filloteau vint plus simplement lui demander deux ou trois pains pour lui, et du foin pour ses chevaux.
Un instant plus tard, Lucien entendit le préfet qui disait au colonel:
«—Quoi! nous ne pourrons pas appliquer un coup de sabre à ces gredins-là?»
La distribution faite par lui avait révélé cette idée ingénieuse, qu'il y avait des villages dans les environs de la ville, et vers les cinq heures, on distribua une livre de pain à chaque lancier, et un peu de viande aux officiers.
À la nuit tombante, on tira un coup de pistolet, mais personne ne fut atteint.
Sur les dix heures, on s'aperçut que les ouvriers avaient disparu. À onze heures il arriva de l'infanterie à laquelle on remit les canons et l'obusier, et, à une heure du matin, le régiment, mourant de faim, hommes et chevaux, repartit pour Nancy.
Pour les détails militaires, stratégiques et politiques de cette grande affaire, voir les journaux du temps:
«Le régiment s'était couvert de gloire, et les ouvriers avaient fait preuve d'une insigne lâcheté.»
Telle fut la première campagne de Lucien. En revenant, il se disait: