Lorsque le valet de chambre annonça le baron Thérance, le général N..., qui avait mis son grand uniforme, se promenait dans sa chambre.

En faveur du lecteur, comme disent les gens qui crient les discours du roi à l'ouverture de la session, nous allons donner quelques passages du dialogue des deux vieux généraux.

Le baron Thérance entra en saluant gauchement. Il avait prés de six pieds, et la tournure d'un paysan franc-comtois.

De plus, à la bataille de Hanau, où Napoléon dut percer les rangs de ses fidèles amis les Bavarois, pour rentrer en France, le colonel Thérance, qui couvrait avec son bataillon la célèbre batterie du général Drouot, reçut un coup de sabre qui lui partagea les deux joues et coupa une petite partie du nez.

Tout cela avait été réparé tant bien que mal, mais il y paraissait beaucoup.

Cette cicatrice énorme, sur une figure à l'état de mécontentement habituel, donnait au général une apparence fort militaire.

À la guerre il avait été d'une bravoure admirable, mais avec le règne de Napoléon, son assurance avait pris fin.

Sur le pavé de Nancy, il avait peur de tout, et des journaux plus que de toute autre chose; aussi parlait-il souvent de faire fusiller des avocats.

Son cauchemar continuel était l'idée d'être exposé à la risée publique. Une plaisanterie plate dans un journal obscur qui complaît cent lecteurs, mettait hors de lui ce militaire si brave.

Il avait un autre chagrin. À Nancy, personne ne faisait attention à ses épaulettes, si ce n'est les jeunes gens, pour les siffler.