Quant à notre ministre, permettez que je fasse appeler le capitaine Blessin, vous savez?
«—C'est, si je ne me trompe, l'observateur envoyé dans le 107e pour rendre raison de l'esprit la garnison.
«—Précisément, pour ne pas le brûler dans son régiment, je ne le reçois jamais.»
Le capitaine Blessin fut appelé. En le voyant entrer, aussitôt le baron Thérance passa dans une autre pièce.
Le capitaine confirma par vingt faits particuliers les doléances du pauvre baron.
«—Dans cette maudite ville, dévots comme jeunesse, tout le monde enfin, se moque du préfet et du général. Si l'on écrit là-dessus un peu nettement au maréchal, il répond qu'on manque de zèle. Les prêtres mènent la noblesse comme les servantes, comme tout ce qui n'est pas républicain.
Il y a le café Mouton, où se rassemblent les jeunes gens; c'est un véritable club.
Si quatre ou cinq soldats passent devant, on crie: «Vive la ligne!» si un sous-officier paraît, on le salue, on lui parle, on veut le régaler.
Si c'est, au contraire, un officier attaché au gouvernement, moi, par exemple, il n'y a pas d'insultes indirectes qu'il ne faille subir.
Et dire que c'est un officier blessé à Brienne et à Waterloo qui est obligé d'éviter les pékins.