M. Ledoyen se présenta aussitôt. C'était un fort riche propriétaire, généralement estimé. La cérémonie de la cassette fut effectuée, et il y eut parole d'honneur réciproque de remettre la cassette et son contenu à M. Ledoyen si tout autre que M. Mairobert était élu, à M. le général Fari si M. Mairobert était élu.

M. Ledoyen parti, on dîna.

«—Maintenant, la grande affaire, c'est le préfet, dit le général, extraordinairement gai ce soir-là. Prenons courage et montons à l'assaut. Il y aura bien neuf cents votants demain.

M. de Bourdoulier a eu389
M. de Crémieux19
Total408

Nous voilà avec 408 voix sur 873. Supposons que les vingt-sept voix arrivées demain matin donnent dix-sept voix à M. Mairobert et dix à nous. Nous aurons:

M. de Crémieux avec418
M. Mairobert avec468

Et alors, cinquante et une voix de M. de Cerna donneront la majorité à M. de Crémieux.

Ces chiffres furent retournés de cent façons par le général, Lucien, Coffe et le lieutenant Milière, les seuls convives de ce dîner.

«—Appelons nos deux meilleurs agents,» dit le général.

Ces messieurs parurent et, après une assez longue discussion, avouèrent d'eux-mêmes que la présence des légitimistes déciderait de la victoire.