XCII
A Henri Dupuy.

Civita-Vecchia, le 23 juin 1835.

Je suis extrêmement sensible, Monsieur à votre offre obligeante. J’ai pris la résolution de ne rien publier tant que je serai employé par le gouvernement. Mon style est malheureusement arrangé de façon à blesser les balivernes, que plusieurs coteries veulent faire passer pour des vérités.

Dans le temps, j’ai eu le malheur de blesser la coterie du Globe. Les coteries actuelles, dont j’ignore jusqu’au nom, mais qui, sans doute, veulent faire fortune, comme le Globe, nuiraient par leurs articles à la petite portion de tranquille considération qui doit environner un agent du gouvernement.

Si nous devions entrer en arrangement, je ne vous dissimulerais pas un obstacle terrible: je ne suis pas un charlatan, je ne puis pas promettre à un éditeur, un seul article de journal.

Si jamais je change de dessein, j’aurai l’honneur, Monsieur, de vous en prévenir. L’action du roman est à Dresde en 1813. Avant de traiter avec toute autre personne, j’aurai l’honneur de vous prévenir, mais je compte me taire huit ou dix ans.

Agréez, Monsieur, les assurances de la parfaite considération avec laquelle j’ai l’honneur d’être,

Votre très humble et très obéissant serviteur.

H. Beyle.

P. S.—Si vous rencontrez cet homme de tant d’esprit, M***, je vous prie de lui dire que bien souvent je regrette sa piquante conversation[358].