Je trouve[16] sans doute beaucoup de plaisir à écrire depuis une heure, et à chercher à peindre bien juste mes sensations du temps de Melle Kably[17], mais qui diable aura le courage de lire cet amas excessif de je et de moi? Cela me paraît puant à moi-même. C'est là le défaut de ce genre d'écrit et, d'ailleurs, je ne puis relever la fadeur par aucune sauce de charlatanisme. Oserais-je ajouter: comme les confessions de Rousseau? Non, malgré l'énorme absurdité de l'objection, l'on va encore me croire envieux ou plutôt cherchant à établir une comparaison. effroyable par l'absurde, avec le chef-d'œuvre de ce grand écrivain.

Je proteste de nouveau et une fois pour toutes que je méprise souverainement et sincèrement M. Pariset, M. de Salvandy, M. Saint-Marc Girardin et les autres hâbleurs, pédants gagés et jésuites[18] du Journal des Débats, mais pour cela je ne m'en crois pas plus près des grands écrivains. Je ne me crois d'autre garant de mérite que de peindre ressemblante la nature, qui m'apparaît si clairement en de certains moments.

Secondement, je suis sûr de ma parfaite bonne foi, de mon adoration pour le vrai: troisièmement, et du plaisir que j'ai à écrire, plaisir qui allait jusqu'à la folie en 1817, à Milan, chez M. Peroult, corsia del Giardino[19].


[1] Le chapitre XXV est le chapitre XXI du manuscrit (fol. 356 à 370; le bas du fol. 370 et le fol. 371, d'abord écrits par Stendhal, ont été barrés avec cette mention: «Longueur»).—Écrit à Rome, les 2 et 3 janvier 1836.

[2] Mademoiselle Gagnon n'avait aucun goût ...—Variante: «Pas de goût.»

[3] ... ce fut l'époque ...—Mot oublié inconsciemment par Stendhal, en passant d'un feuillet à un autre.

[4] ... que mon père et Séraphie me faisaient lire.—Style. Pas de style soutenu. (Note de Stendhal.)