Brulard (Marie-Henry), né à Grenoble en 1786 (sic), d'une famille de bonne bourgeoisie qui prétendait à la noblesse, il n'y eut pas de plus fiers aristocrates qu'on pût voir dès 1752. Il fut témoin de bonne heure de la méchanceté et de l'hypocrisie de certaines gens, de là sa haine d'instinct pour la gion. Son enfance fut heureuse jusqu'à la mort de sa mère, qu'il perdit à sept ans, ensuite les prêtres en firent un enfer. Pour en sortir, il étudia les mathématiques avec passion et en 1797 ou 98 remporta le premier prix, tandis que cinq élèves reçus le mois après à l'École polytechnique n'avaient que le second. Il arriva à Paris le lendemain du 18 brumaire (9 novembre 1799), mais se garda bien de se présenter à l'examen pour l'École polytechnique. Il partit avec l'armée de réserve en amateur et passa le Saint-Bernard deux jours après le Premier Consul. A son arrivée à Milan, M. Daru, son cousin, alors inspecteur aux revues de l'armée, le fit entrer comme maréchal des logis, et bientôt sous-lieutenant, dans le 6e de Dragons, dont M. Le Baron, son ami, était colonel. Dans son régiment B., qui avait 150 francs de pension par mois et qui se disait riche, il avait 17 ans, fut envié et pas trop bien reçu; il eut cependant un beau certificat du Conseil d'administration. Un an après, il fut aide-de-camp du brave lieutenant-général Michaud, fit la campagne du Mincio contre le général Bellegarde, jugea la sottise du général Brune et fit des garnisons charmantes à Brescia et Bergame. Obligé de quitter le général Michaud, car il fallait être au moins lieutenant pour remplir les fonctions d'aide-de-camp, il rejoignit le 6e de Dragons à Alba et Savigliano, fièrement, fit une maladie mortelle à Saluces ...

Ennuyé de ses camarades, culottes de peau, B. vint à Grenoble, devint amoureux de Mlle Victorine M.; et, profitant de la petite paix, donna sa démission et alla à Paris, où il passa dix ans dans la solitude, croyant ne faire que s'amuser en lisant les Lettres Persanes, Montaigne, Cabanis, Tracy, et dans le fait finissant son éducation.»

[11] ... le Génie de Cha[teaubriand]: m'a semblé ridicule.—Le Génie du Christianisme parut en 1802.

[12] ... qui pourrait devenir dévot ...—Ms.: «Votdé.»

[13] ... les madame Roland, les Mélanie Guilbert, les ...—La phrase est inachevée.

[14] ... une machine que Michel-Ange ...—Le prince Michel-Ange Caetani, frère de Don Philippe, ami de Stendhal.

[15] ... le plus fripon des Kings et Tartare hypocrite ...—Le premier est Louis-Philippe, le second le tsar de Russie, Alexandre Ier.

[16] ... les préjugés, la religion!—Ms.: «Gionreli.»

[17] ... tandis qu'on saute les feuillets de ce jésuite ...—Ms.: «Tejessui.»

[18] ... (jesuitico more) ...—Ms.: «Ticojesui.»