Je suis comme un peintre qui n'a plus le courage de peindre un coin de son tableau. Pour ne pas gâter le reste, il ébauche à la moitié ce qu'il ne peut pas peindre.
O lecteur, excusez ma mémoire, ou plutôt sautez cinquante pages.
Voici le sommaire de ce que, à trente-six ans d'intervalle, je ne puis raconter sans le gâter horriblement.
Je passerais dans d'horribles douleurs les cinq, dix, vingt ou trente ans qui me restent à vivre qu'en ce moment je ne dirais pas: Je ne veux pas recommencer.
D'abord, ce bonheur d'avoir pu faire ma vie. Un homme médiocre, au-dessous du médiocre, si vous voulez, mais bon et gai, ou plutôt heureux lui-même alors, avec lequel je vécus.
Tout ceci, ce sont des découvertes que je fais en écrivant. Ne sachant comment peindre, je fais l'analyse de ce que je sentis alors.
Je suis très froid aujourd'hui, le temps est gris, je souffre un peu.
Rien ne peut empêcher la folie.
En honnête homme qui abhorre d'exagérer, je ne sais comment faire.