Pourtant l’espoir de la conquête
Me gonfle le coeur de ses rages:
Ai-je entendu, vainqueur des âges,
Des trompettes dans la tempête?
Ou sont-ce les cloches de fer
Qui sonnèrent trop de printemps?
Je suis ce roi des anciens temps
Dont la cité dort sous la mer.
VII
Je suis mort au bord de la grève
D’un pays dont je fus roi
Las moi! qu’ai-je trompé le rêve
Des blancs guerriers le la foi?
Leurs trompettes d’or dans l’automne
Tonnent, et leurs cris de deuil
Vibrent dans le vent monotone
Qui souffle sur mon cercueil.
Dans ma main se rouille l’épée
Qui flamba sur maints combats
Quand les chantres de l’épopée
Suivaient l’éclair de mes pas.
Tout est fini. La Renommée
Ne sacrera plus ce front
Des fraîches palmes d’Idumée
Qui sauvent de tout affront.
Et les vierges qui par les routes
Semaient sous mon char des lys,
Je crois qu’elles vont s’enfuir toutes,
Riant des jours de jadis.
Pourquoi pleurer les infidèles
En mon éternel sommeil?
Je sais que quand les hirondelles
Voleront vers le soleil,