Nul, hélas! n’enguirlande de roses
Cette lance où miroite la lune.
Ah! les jours de retour sont moroses
Aux maudits de la mâle fortune!
La douce diseuse d’aventure
Qui pleura sur le seuil de sa porte
Quand je lus dans l’occulte écriture,
Je sais par les signes qu’elle est morte.
Et mon âme qui d’amour tressaille
Revole vers la terre du rêve,
Où vaincu dans l’ultime bataille
Je perdis l’Etendard et te Glaive.
VI
Je suis ce roi des anciens temps
Dont la cité dort sous la mer
Aux chocs sourds des cloches de fer
Qui sonnèrent trop de printemps.
Je crois savoir des noms de reines
Défuntes depuis tant d’années,
O mon âme! et des fleurs fanées
Semblent tomber des nuits sereines.
Les vaisseaux lourds de mon trésor
Ont tous sombré je ne sais où,
Et désormais je suis le fou
Qui cherche sur les flots son or.
Pourquoi vouloir la vieille gloire
Sous les noirs étendards des villes
Où tant de barbares serviles
Hurlaient aux astres ma victoire?
Avec la lune sur mes yeux
Calmes, et l'épée à la main,
J’attends luire le lendemain
Qui tracera mon signe aux cieux.