La danse est dansée aux terrasses
Où ne vibreront plus de cordes:
Le Conquérant, avec ses hordes,
A passé, fuyant ses traces.
Seule parmi les fleurs fanées,
Celle qui survit la vie
File en chantant à voix ravie
Le lin rouge des années.
Là-bas la route des désastres
Monte vers la montagne sombre
Où la Fileuse entend, dans l’ombre,
Tonner la chute des astres.
XIII
Rouge en la cathèdre royale
Parmi les trompettes de fer,
Elle impose en reine d’enfer
Ses lois à la gent déloyale.
D'un bandeau de pourpre à clous d’or
S’écroule l’azur de ses boucles
Jusqu’à ses doigts lourds d’escarboucles
Qui serrent la clef du trésor.
Sur sa simarre à larges barres
Rayonne au soleil des orfrois
Le féroce blason des rois
Qui massacrèrent les barbares.
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Dans la salle des étendards
C’est soir d’affolante épouvante;
Sur les routes il pleut et vente,
Au gibet dansent les pendards.