De tout aveugle espoir m'a vidé l'âme à fond,

Je succombe épuisé, comme en pleine bataille,

Un soldat, par la veille et la marche affaibli,

Sans vaincre, ni mourir d'une héroïque entaille,

Laisse en lui les clairons s'éteindre dans l'oubli;

Pourtant sa cause est belle, et si doux est d'y croire

Qu'il cherche en sommeillant la vigueur qui l'a fui,

Mais trop las pour frapper il lègue la victoire

Aux fermes compagnons qu'il sent passer sur lui.

Ah! qui que vous soyez, vous qui m'avez fait naître,