Le sceptre, entre les mains des rois, est comme le fléau dans celles du batteur en grange; & le peuple ressemble à la gerbe de bled qu'on bat pour séparer l'épi de la paille. Il y a cependant cette différence entre les rois & les batteurs en grange, que ceux-ci battent rarement en grange pour leur compte, au lieu que tout le profit est pour les premiers; quoique le trône & le trésor du fisc n'appartiennent pas plus aux rois, que la grange & le bon grain aux batteurs.


LEÇON LXII.

LES GENTILSHOMMES VERRIERS.

Les hommes ressemblent à des ustensiles de verres fragiles, prêts à se casser au moindre choc. Une poignée de gentilshommes verriers en font trafic avec plus d'avidité que de prudence; & pour avoir leurs marchandises sous la main, ils entassent sans précaution ces verreries les unes près des autres dans d'étroits magasins. Est-il étonnant qu'il s'en fasse tant de dégâts en pure perte? Trop souvent aussi, ces gentilshommes se prennent de dispute, & se jettent les verres à la tête.....


LEÇON LXIII.

LES VIVANDIERS SUR LE TRÔNE.

On pourroit comparer la société à une armée qui campe. Les villes sont les camps. Le peuple, c'est le soldat. Les rois en sont les vivandiers, dans tous les sens qu'on attache à ce mot.