Bon Sainte-Alba, je vous dois ce témoignage, et je crois vous l'avoir déjà rendu en plein séminaire; vous êtes l'édification de la maison sainte dont je suis le supérieur. Pourquoi donc vous refuser avec obstination au prix que vous êtes en droit d'obtenir pour votre bonne conduite? Pourquoi ne pas vouloir entrer dans les ordres sacrés? Les bons prêtres deviennent rares, et l'église catholique a plus besoin que jamais de bons exemples. Trop de modestie deviendrait un excès blâmable.

AGATHE-SAINTE-ALBA.

Ah! mon respectable supérieur, mon cher monsieur Saint-Almont... pardonnez cette expression peut-être trop familière dans la bouche du moins digne de vos disciples...

SAINT-ALMONT.

Loin de m'offenser, mon cher Sainte-Alba, elle me prouve votre confiance en moi; je n'ai rien fait pour la perdre. Parlez en toute liberté.

AGATHE-SAINTE-ALBA.

Eh bien! mon cher supérieur, sachez que vous me jugez beaucoup trop favorablement.

SAINT-ALMONT.

Je ne le pense pas. Rien en vous ne m'a paru démentir jusqu'à ce moment la justice et même les éloges que je me suis plu à vous donner dans toutes les occasions. Vous avez la douceur de caractère, et la docilité, la pudeur d'une jeune fille bien née; qualités précieuses qu'on cherche vainement dans des sujets de votre âge, et qui ont vécu dans Paris.

AGATHE-SAINTE-ALBA.