XI.

AGATHE À ZOÉ.

Tu me regardes apparemment comme une malade désespérée: tu m'abandonnes à moi-même. Je te prends à tes propres paroles, et j'espère que nous n'aurons pas à nous en repentir. Voici donc ce que j'ai cru pouvoir me permettre.

Hier, je me suis présentée au confessionnal de Saint-Almont. Il y avait foule. J'ai laissé passer les plus pressées, afin de me ménager un entretien plus long; et le voici. Ma mémoire exacte et fidèle en conservera toute ma vie les expressions; je te fais grâce des préliminaires, et des formules consacrées.

AGATHE

Mon père, la confiance que vous avez déjà su inspirer à plusieurs mères de famille, m'amène à vous. Je suis une orpheline de dix-neuf ans, que la mère de mon père défunt veut bien accueillir; elle veille sur le printemps de ma vie. Je soulage autant qu'il est en moi l'hiver de son âge.

SAINT-ALMONT.

Que désirez-vous de mon ministère?

AGATHE.

Comment oserais-je...