LE SARDE.
Dis plutôt tes graces... Va! (en le poussant) voilà à quoi ils sont bons, tous ces rois; boire, manger, dormir, quand ils ne peuvent faire du mal.
UN SANS-CULOTTE RUSSE.
(Catherine monte sur la scène, en faisant de grands pas, de grandes enjambées.)
Allons donc, tu fais des façons, je crois... Voici sa Majesté impériale, la Czarine de toutes les Russies; autrement, madame de l'enjambée; ou, si vous aimiez mieux, la Catau, la Sémiramis du Nord: femme au-dessus de son sexe, car elle n'en connut jamais les vertus ni la pudeur. Sans mœurs et sans vergogne, «elle fut l'assassin de son mari, pour n'avoir pas de compagnon sur le trône, et pour n'en pas manquer dans son lit impur».
UN SANS-CULOTTE POLONAIS.
Toi, Stanislas-Auguste, roi de Pologne, allons, vîte! porte la queue de ta maîtresse Catau, dont tu fus si constamment le bas-valet.
UN SANS-CULOTTE, tenant à la main le bout de plusieurs chaînes attachées au cou de plusieurs rois.
Tenez! voici le fond du sac. C'est le fretin: il ne vaut pas l'honneur d'être nommé.
Le vieillard sert de truchement aux sauvages, devant lesquels passent en revue les rois. Il leur traduit dans le langage des signes, ce qui se dit à mesure que les rois paraissent sur la scène. Les sauvages donnent tour à tour des marques d'étonnement et d'indignation.