[191] On lit dans les Mémoires de Brienne, publiés en 1818, tom. I, pag. 255: «Lorsque le coup fut décidé, on délibéra pour savoir qui l'on en chargeroit. Dubuisson le père, qui avoit soin de gouverner les oiseaux du Cabinet du Roi, fut choisi pour en faire la proposition au baron de Vitry, et eut ordre de l'assurer de la charge de maréchal de France pour récompense du grand service qu'il rendroit à Sa Majesté. En effet, Du Hallier, son frère, que nous avons vu depuis maréchal de l'Hôpital, et les autres gentilshommes qu'il avoit mis du complot, ayant tué sur le pont du Louvre le maréchal d'Ancre, Vitry reçut le jour même le bâton vacant par sa mort.»
On voit par le récit de Brienne que les assassins de Concini, avides des récompenses qui étoient le prix de cette horrible expédition, se disputèrent l'honneur infâme d'avoir porté le premier coup. Du reste, ce service profita surtout aux deux frères Vitry et Du Hallier. Longues années après l'assassinat, en 1651, on fit graver un portrait du premier, au bas duquel on lit: «Il fut long-temps capitaine des gardes-du-corps du feu roi Louis XIII, qui s'en servit habilement pour étouffer la naissance d'une guerre civile, contre la personne du maréchal d'Ancre, qui divisoit tous les François; arrachant des mains de cet ambitieux favori les prétextes aux mécontentements. Cet incomparable coup de justice de ce grand prince marquera à jamais qu'il étoit divinement inspiré pour le salut de son Etat et le repos de ses sujets.» (Ce portrait fait partie du cabinet des estampes à la Bibliothèque du roi.)
[192] Rue de Tournon. Il sert aujourd'hui de caserne à la garde municipale.
[193] Léonore Dori, dite Galigai, née à Florence, brûlée à Paris le 8 juillet 1617.
[194] Superstition du moyen âge; sort que l'on croyoit être jeté par le simple regard; on l'appeloit jettatura. Il falloit, pour l'éviter, rompre l'air entre l'œil du magicien et l'objet qu'il considéroit. Les habitans de nos campagnes ne sont pas encore guéris de ces chimères.
[195] On ne peut indiquer aux lecteurs une source plus curieuse pour tous les faits qui composent cet article, que la Relation exacte de tout ce qui s'est passé à la mort du maréchal d'Ancre. On la doit à Michel de Marillac, et on regrette de ne pas la voir reproduite dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France. Elle a été imprimée à la suite de l'Histoire des plus illustres favoris, par P. Dupuy; Leyde, Jean Elzevier, 1659, in-12.
[196] Lisette est un personnage demeuré inconnu, mais nous croyons vrai le portrait que Tallemant en a tracé. «On n'a pas toujours besoin de preuves historiques pour croire à l'authenticité d'un fait, de même qu'il n'est pas toujours nécessaire de connoître l'original d'un portrait pour en affirmer la ressemblance.» (Zuleima, imité de l'allemand de madame Pichler, par H. de Châteaugiron; Paris, Firmin Didot, 1826, in-18.)
[197] Louise Marguerite de Lorraine, veuve de François de Bourbon, prince de Conti.
[198] Expression proverbiale qui a le même sens que faire un trou dans la lune.
[199] Voyez les Amours du grand Alcandre. (T.)