[449] Ce duel eut lieu à Venise, en 1627. Mémoires manuscrits de Goulas, cités dans le père Lelong. (Bibliothèque historique de la France, t. 2, page 449, no 21395.)
[450] Peuple bariolé. Cette expression n'est expliquée ni dans Trévoux, ni dans Nicot, ni dans Richelet. On pense qu'elle signifie le menu peuple. Sous Henri IV, Louis XIII et la minorité de Louis XIV, tous les hommes étoient vêtus de noir ou de gris, il n'y avoit que le peuple qui portât des vêtements de toutes les couleurs. C'est vraisemblablement de cet usage qu'est empruntée cette expression pittoresque.
[451] Le débauché, de l'italien ruffiano.
[452] Elle est petite, mais elle étoit jolie et vive. (T.)
[453] C'est-à-dire obérée.
[454] L'hôtel d'Épernon, acheté par d'Hervart, contrôleur-général des finances, fut par lui rebâti presque en entier. Acquis par M. d'Armenonville, il portoit son nom, quand il fut acheté, en 1757, pour y établir le bureau des postes. (Voyez les Recherches sur Paris, par Jaillot, t. 2, Quartier Saint-Eustache, p. 42.)
[455] Gilonne d'Harcourt, femme de Charles-Léon, comte de Fiesque, amie de madame de Sévigné. On l'appeloit la comtesse.
[456] Mademoiselle d'Outrelaise, l'amie de madame de Frontenac, demeuroit avec elle à l'Arsenal. On les appeloit les Divines; c'étoient des personnes qui donnoient le ton, et dont il falloit avoir l'approbation. (Mémoires du duc de Saint-Simon, t. 2, p. 209, édition de 1829.)
[457] Le comte de Fiesque en rit, sa mère en gronda. (T.)
[458] Ce prétendu miracle a bien l'air d'être une imitation des mots mystérieux que l'on assuroit avoir été miraculeusement gravés sur la main de la mère des Anges, supérieure des religieuses ursulines de Loudun. Avant Tallemant, le conte ridicule de la croix de madame de Saint-Loup avoit été rapporté par Gourville, dont nous empruntons le passage suivant: «A mon retour de Guyenne, dit-il, j'allai voir madame de Saint-Loup: je trouvai sa tapisserie couverte de petits cadres où il y avoit des sentences et des dictums pleins de dévotion, avec un assez gros chapelet qui pendoit sur son écran. Elle me dit qu'elle avoit bien prié Dieu pour moi, et qu'elle souhaitoit fort que je fisse mon profit de ce qui lui étoit arrivé, comme avoit fait M. de Langlade: je la remerciai de ses vœux et de ses prières, ne me trouvant pas encore touché; mais quand l'heure du dîner fut venue, je le fus encore moins, quand je vis servir deux potages, l'un à la viande pour eux, et un maigre pour moi, me disant qu'ils avoient été bien fâchés de rompre le carême à cause de leurs indispositions. On ôta les potages, et on servit une poularde devant eux, avec un petit morceau de morue pour moi. Madame de Saint-Loup, voyant que je la regardois, me dit qu'elle auroit mieux aimé manger ma morue que sa poularde; M. de Langlade citoit à tous propos saint Augustin: elle le faisoit souvenir des passages de ce saint, et tous deux me jetoient de temps en temps quelques propos de dévotion... Force gens étoient curieux d'aller voir cette croix. Souvent madame de Saint-Loup, la montrant, leur demandoit quelque chose pour les pauvres... Le temps qui s'étoit écoulé avoit effacé la croix; mais ce qu'on aura peine à croire, c'est qu'elle supposa que, par un autre miracle, la croix avoit été renouvelée. Elle disoit qu'étant aux Pères de l'Oratoire fort attentive, comme on levoit le Saint-Sacrement, elle avoit encore senti à sa main, qui étoit gantée, la même chose que la première fois, et qu'ayant ôté son gant, elle avoit trouvé la croix très-bien refaite. Mon étonnement augmenta beaucoup; mais M. de Langlade parut si persuadé de ce second miracle, qu'il l'attestoit avec des serments effroyables, etc.» (Mémoires de Gourville, 1782, t. 1, p. 184, et dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 52, p. 305.)