[28] Segrais en parle en ces termes: «La Beaupré, excellente comédienne de ce temps-là, qui a joué aussi dans les commencements de la grande réputation de M. Corneille, disoit: «M. Corneille nous a fait un grand tort; nous avions ci-devant des pièces de théâtre pour trois écus, que l'on nous faisoit en une nuit; on y étoit accoutumé et nous gagnions beaucoup; présentement les pièces de M. Corneille nous coûtent bien de l'argent, et nous gagnons peu de chose.» (Mémoires anecdotes de Segrais; Amsterdam, 1723, p. 213.)
[29] Bellerose s'est fait dévot; mais sa femme n'a point quitté. (T.)
[30] Zacharie-Jacob, dit Montfleury, père de l'auteur comique, étoit bien né, et après avoir été page du duc de Guise, il se donna au théâtre. C'est lui qui accusa Molière d'avoir épousé sa propre fille. Notre grand poète est maintenant bien lavé de cette injure. (Voyez l'Histoire de Molière, par J. Taschereau, deuxième édition, 1828, p. 89.) «On prétend que Montfleury mourut par les efforts violents qu'il fit en jouant Oreste, où l'on assure que son ventre s'ouvrit. Il étoit si prodigieusement gros, qu'il étoit soutenu par un cercle de fer. Il faisoit des tirades de vingt vers de suite, et poussoit le dernier avec tant de véhémence, que cela excitoit des brouhahas et des applaudissements qui ne se finissoient point. Il étoit plein de sentiments pathétiques, et quelquefois jusqu'à faire perdre la respiration aux spectateurs.» (Mercure de France, de mai 1738, p. 830.)
[31] Tragédie de Thomas Corneille, représentée en 1656.
[32] Il fit cette plaisanterie dans la farce qui terminoit le spectacle. (Voyez plus haut la même anecdote rapportée par Tallemant dans l'Historiette de Jodelet, t. 3, p. 42 de ces Mémoires.)
[33] Ce nom de Philippin étoit celui du valet dans le Festin de Pierre de de Villiers, tragi-comédie en cinq actes, représentée en 1659.
[34] C'étoient trois célèbres acteurs du Théâtre Italien.
[35] Madeleine Béjart, ou Béjard, fille de Joseph Béjart, huissier ordinaire du Roi ès eaux et forêts, et de Marie Hervé, sa femme, baptisée sur la paroisse Saint-Gervais, à Paris, le 8 janvier 1618. (Note communiquée par M. Beffara.)
[36] Madeleine Béjart et Jacques Béjart, son frère, dès 1645, concoururent avec Molière à former, à Paris, une troupe de comédiens, sous le nom de l'Illustre théâtre. Louis Béjart, autre frère, se réunit à eux plus tard. Cette troupe, après avoir joué à Paris, parcourut la province, passa à Nantes en 1648; revint à Paris en 1650, où elle joua à l'Hôtel de Conti. En 1653, elle se rendit à Lyon et dans différentes villes du Languedoc et de Provence; elle y joua, entre autres pièces, l'Étourdi et le Dépit amoureux. Enfin, au mois d'octobre 1658, la troupe de Molière vint se fixer à Paris. (Note communiquée par M. Beffara.)
[37] Nous ignorons de quel auteur étoit cette tragédie d'Épicharis. Elle n'est pas indiquée par les frères Parfait, par Beauchamp, ni par le duc de La Vallière.