«Quand Eutrapelus vouloit rendre un mauvais service à quelqu'un, il lui donnoit de beaux habits.—Quand cet homme, disoit-il, se verra brillant, dans l'abondance, il changera d'idées, prendra un autre train; il dormira la grasse matinée, oubliera ses devoirs, se livrera au plaisir; il empruntera à usure, et finira par être gladiateur, ou valet de jardinier.» (Traduction de Le Batteux.)

[304] M. de Cospean mourut le 8 mai 1646.

[305] Nourrissez les poètes, ne les engraissez pas.

[306] Costar avoit trente-huit ans quand il fit cette jeunesse. (Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 87.)

[307] Cet ami n'est pas nommé dans les lettres de Costar. Les lettres de Voiture, de Balzac, de Maynard seroient aujourd'hui des Mémoires littéraires importants si on n'en avoit pas effacé presque tous les noms propres. On doit moins le regretter pour les lettres de Costar, qui méritent peu de confiance, ayant pour la plupart été écrites après coup.

[308] Les Observations de Costar sur les deux odes n'ont pas été imprimées. Il paroît qu'elles étoient ridicules et malveillantes. (Voyez les Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 85.)

[309] C'est en effet ce qui fit la fortune de Chapelain. (Voyez les Mémoires de Tallemant, t. 2, p. 402.) Arnauld d'Andilly avoit trop de goût pour avoir jamais admiré la Pucelle. Dans une lettre du 31 août 1654, en renvoyant à Chapelain les cinq derniers livres de ce poème, il lui donne de sages conseils, qu'il termine par cette observation: «Si vous jugez les choses que je vous mande raisonnables, je vous conjure de les suivre, et surtout de vous défaire de cette mauvaise honte qui, de peur de déplaire à M. de Longueville, vous feroit négliger votre propre réputation, et vous précipiteroit à publier un ouvrage qui assurément ne réussiroit pas, et, courageux comme vous êtes, vous feroit mourir de regret de n'avoir pas cru des amis aussi désintéressés, aussi fidèles et aussi passionnés pour votre réputation que nous le sommes, dont il ne faut pas de meilleure preuve que cette incroyable liberté avec laquelle je vous parle, et qui ne pourroit être telle si elle ne procédoit d'un cœur qui est tout à vous.» Le 2 septembre 1654, Chapelain répondit à M. d'Andilly; il le remercioit du soin avec lequel il avoit examiné son ouvrage avec M. Lemaistre. «Ce bienfait, dit-il, ne sauroit produire que de bons effets, et le principal est qu'il a déjà mortifié et rabattu la vanité que les injustes louanges de mes amis avoient jetée en mon âme, comme si j'eusse été en matière de poésie quelque personne considérable, et qu'en me découvrant ce grand nombre de fautes il m'a découvert ma petitesse ou plutôt mon néant. Sur quoi je ne vous nierai pas que l'effroi dont votre lettre m'a rempli, en me menaçant de la perte de ma réputation, si je ne suivois de point en point ce qu'elle m'ordonne, a ébranlé mon âme de telle sorte qu'au lieu de m'exciter il m'a découragé et a mis mon esprit en état que si j'étois maître de l'ouvrage, il ne verroit jamais le jour..... Mais comme il est d'une nécessité absolue que l'ouvrage paroisse bientôt, et qu'il n'en paroisse pas moins que douze livres, ce que je ferai sera d'avoir une application aussi forte que je l'ai eue jusqu'ici pour suivre le plus près qu'il me sera possible vos bons et charitables avis....... ne laissant de ce qui est condamné que ce qu'on ne pourra ôter sans renverser l'édifice, ou que ce dont je serai fortement persuadé par les principes de l'art, qui est bon et soutenable près des intelligences. Il me semble que je me puis conserver ce droit en une chose qui est mienne, que je n'ai pas conçue, disposée et exécutée au hasard, et dont aussi bien je ne mériterois aucun gré du public, ni n'aurois aucune satisfaction en moi-même, si aux points essentiels elle avoit réussi par l'industrie d'autrui, et que je n'y eusse contribué que mon nom et ma plume..... Quant à vous envoyer les douze livres lorsque que les aurai corrigés, je doute si je le devrai, ou si je le pourrai faire; ce seroit abuser trop de votre bonté et de votre temps que de vous souffrir rengager à une si longue et si ennuyeuse tâche, et remanier tant d'ulcères, si je ne les avois pas guéris. D'un autre côté, ayant joui de mon reste à cette correction, et n'y pouvant rien faire davantage, il seroit inutile de se tourmenter à la vouloir rendre plus exacte, et........ étant pressé comme je le suis....... bien qu'il s'y pût faire encore quelque chose après ce que j'y ferai entre ci et la publication de l'ouvrage, il seroit impossible d'en prendre le loisir, et il faudroit le remettre à une seconde impression..... Si vous l'ordonnez néanmoins absolument, il s'y faudra résoudre, et cependant demander à Dieu, ou la force pour le mettre en état que vous n'y trouviez guère à redire, ou la patience et l'humilité nécessaire pour endurer sans murmure ce qu'il permettra qui en arrive, dans la vue que je suis homme comme les autres, et que l'infirmité humaine paroît tant en tout ce que font même les plus excellents, qu'il ne sera pas étrange que l'on rencontre des défauts aux choses qui seront parties de moi, qui suis des plus imparfaits et du plus bas étage, etc.» (Lettres autographes d'Arnauld d'Andilly et de Chapelain, cabinet de M. Monmerqué.)

[310] François Payot de Linières (ou Lignières), poète satirique, mort en 1704.

[311] Quelques passages de cette lettre ne seront pas déplacés ici. «Vous me mandez que je n'ai pas perdu les bonnes grâces de M. d'Andilly; vous pouvez juger, après tout ce que je vous ai toujours dit de lui, que ce n'a été sans émotion que j'ai reçu cette bonne nouvelle.... C'est un homme extraordinaire, et qui est adoré partout où il est connu.... Ayez la bonté, Monsieur, de l'assurer de mon obéissance.... et de lui témoigner le regret extrême que j'ai que ces misérables papiers qui n'avoient été faits que pour un seul, aient passé par tant de mains, et qu'après avoir bien couru ils soient venus tomber dans les siennes. Vous savez les précautions dont je me servis pour empêcher cette disgrâce que je n'ai pu éviter; vous savez les serments que je tirai de M. (de Lessau) de ne les montrer à personne, et la résistance que j'apportai aux supplications qu'il me faisoit d'y consentir..... Il n'y a personne qui souffre avec moins de répugnance les réputations injustes. Quand il est question de blâmer et de reprendre, c'est un personnage que je laisse faire aux autres..... J'ai horreur de m'enrichir des dépouilles et de m'élever sur des ruines.... Et cependant.... je cours fortune de voir mes intentions mal interprétées, et d'être convaincu de malignité et d'envie...... Pour le moins, Monsieur, tâchez d'obtenir de M. d'Andilly qu'il désabuse M. l'abbé de Saint-Nicolas (Henri Arnauld, depuis évêque d'Angers), et qu'il le prie de ne commencer point à juger de mon esprit ni de mon humeur, par le discours qu'on lui a montré. C'est une marque de réprobation de n'être pas au goût d'une personne qui l'a excellent comme lui, et d'être haï d'un homme qui aime tant les bonnes choses, etc.» (Lettres de M. Costar; Paris, 1658, in-4o, p. 583.)

[312] Matthieu de Morgues, sieur de Saint-Germain, aumônier de la reine Marie de Médicis, avoit d'abord été écrivain aux gages du cardinal de Richelieu; il demeura fidèle à sa maîtresse, et publia beaucoup de pièces réunies dans le Recueil de diverses pièces pour la défense de la Reine-mère et de Louis XIII; Anvers, 1637 et 1643, 2 vol. in-fol.