[383] Cette Angélique est mademoiselle Paulet, dont il a été question dans la première lettre de mademoiselle de Scudéry. Elle demeuroit avec madame de Clermont d'Antragues, et elle mourut chez cette dame, en Gascogne, vers le milieu de l'année 1650. Tallemant a dit par erreur qu'elle étoit morte en 1651.

[384] Voyez l'épître de Godeau à la marquise de Clermont d'Antragues, dans ses Poésies. Paris, P. Le Petit, 1663, t. 3, p. 75.

[385] Cette entrevue fut due à une sorte de hasard. La paix de Bordeaux ayant été signée le 1er octobre 1650, la princesse de Condé sortit de cette ville le 3, accompagnée des ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld, et d'un grand nombre de gentilshommes. Comme elle alloit à Lormon, pour de là se retirer en Anjou, elle rencontra le maréchal de La Meilleraie, qui venoit à Bordeaux pour lui rendre ses devoirs. Le maréchal lui donna le conseil d'aller à Bourg saluer Leurs Majestés, et il parvint à l'y résoudre. La princesse se jeta aux pieds du jeune Roi et d'Anne d'Autriche, qui l'accueillit froidement, mais cependant avec bonté. Lenet et madame de Motteville parlent de cette entrevue dans leurs Mémoires, mais c'est mademoiselle de Montpensier qui donne le plus de détails. Elle insiste en jeune femme sur la forme d'une écharpe et sur la mauvaise grâce qu'on trouvoit à une princesse qu'on n'aimoit pas. On ne lui pardonnoit pas la mésalliance de son illustre époux. (Mémoires de Montpensier, deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 41, p. 101.) «Le mépris, dit madame de Motteville, que madame la Princesse, sa belle-mère, avoit pour sa race et pour elle, joint à toutes ces choses, n'avoit pas peu contribué à son anéantissement. Elle avoit néanmoins des qualités assez louables; elle parloit spirituellement quand il lui plaisoit de parler, et dans cette guerre elle avoit paru fort zélée à s'acquitter de ses devoirs.» (Mémoires de Motteville. Ibid., t. 39, p. 80.)

[386] Mémoires de Motteville, audit lieu, p. 81.

[387] Loret peint assez plaisamment les craintes que cette entrevue inspiroit aux Frondeurs:

La Reine ayant avec carresse

Reçu madame la Princesse,

Et ses associés aussi,

Cela donne bien du souci

A ces deux têtes noire et blonde,