Dans l'opinion qu'ils[327] ont de l'Eucharistie, on ne pouvoit pas dire une plus grande sottise que celle qu'il dit une fois prêchant sur le Saint-Sacrement. «En voilà assez, dit-il, car les médecins disent: Omnis saturatio mala, panis autem pessima. Toute réplétion est mauvaise, et surtout celle de pain.»

Un jour qu'il prêchoit contre le luxe et contre les modes: «Vous voilà, dit-il, vous autres, poudrés comme des meûniers; et quand vous arriverez en enfer, les diables crieront: A l'anneau! à l'anneau!» Pour faire entendre cela, il faut savoir qu'il y a dix ans ou environ qu'un meûnier, à la Grève, gagea de passer dans un de ces anneaux qui sont attachés au pavé pour retenir les bateaux. Il fut pris par le milieu du ventre, qui s'enfla aussitôt des deux côtés; le fer s'échauffa, c'étoit en été. Il brûloit; il fallut l'arroser, tandis qu'on limoit l'anneau, et on n'osa le limer sans permission du prévôt des marchands. Tout cela fut si long qu'il lui fallut un confesseur. On en fit des tailles douces aux almanachs, et un an durant, dès qu'on voyoit un meûnier, on crioit: «A l'anneau! à l'anneau, meunier!» On fit aussi un almanach de la farine des jeunes gens et des mouches des femmes, avec une chanson que voici:

Dieu! que la mouche a d'efficace!

Que cet animal est charmant!

Le plus parfait ajustement

Sans elle n'auroit point de grâce.

Si vous n'avez mouche sur nez,

Adieu galants, adieu fleurettes;

Si vous n'avez mouche sur nez,

Adieu galants enfarinés.