[44] Le 16 août 1793, le Comité de sûreté générale prenait l’arrêté suivant:
Le Comité de sûreté générale, après avoir entendu la lecture des dénonciations faites contre les citoyens employés de la Bibliothèque nationale,
Considérant que les relations des savants étrangers avec la Bibliothèque nationale commandent impérieusement de n’y placer que des patriotes prononcés, qui ne laissent plus de doute, dans l’esprit des étrangers, sur le véritable esprit national;
Arrête que le Ministre de l’Intérieur sera invité à nommer aux places de la Bibliothèque nationale des citoyens dont le patriotisme soit éprouvé et les sentiments conformes à la Révolution du 31 mai dernier, qu’il ne laissera en place que le citoyen Tobiesen Duby de tous ceux qui sont employés à la Bibliothèque nationale;
Arrête, en outre, que les citoyens Laviconterie, Laignelot et Chabot sont nommés commissaires pour présenter au Ministre de l’Intérieur des savants dont le civisme soit connu et capables de remplir les places de la Bibliothèque nationale.
[45] Barthélemy de Courçay, neveu de l’abbé Barthélemy, avait succédé à son oncle, mort le 30 avril 1795.
[46] Le projet de cette commission a été rédigé par une sous-commission composée de MM. Heumann, conseiller d’Etat, Naudet, administrateur général de la Bibliothèque et Taschereau, député.
[47] Le nom de Dom Maugerard a été inscrit dans la nouvelle galerie de la Réserve, en compagnie des Huet, des Falconet, des de Thou, des frères Dupuy, de François Ier.
[48] A cette époque l’Opéra était situé place Louvois.
[49] Malgré l’accroissement des collections, l’état des bâtiments n’avait pas changé depuis 1724. On avait même installé dans la partie orientale de l’ancien palais Mazarin un service tout-à-fait étranger à la Bibliothèque, celui de la trésorerie qui y resta jusqu’en 1833. Des artistes, comme Houdon, le sculpteur, Saint-Aubin, le graveur, y avaient leurs ateliers. Le conservatoire ne put obtenir le déplacement du Trésor public, et Saint-Aubin, moins opiniâtre que Houdon, fut le seul à partir. Les démêlés de ce dernier avec le conservatoire, à ce sujet, sont assez piquants. Le conservatoire eut beau lui signifier son congé à diverses reprises, le citer devant le juge de paix comme un locataire récalcitrant, ce fut la Bibliothèque qui céda; l’artiste occupait encore son atelier en 1816, puisqu’à cette époque le sculpteur Millehomme en demandait la concession qui d’ailleurs lui fut refusée. Peut-être Houdon avait-il gagné le conservatoire en laissant placer dans nos salles le plâtre original de sa célèbre statue de Voltaire, qui fut donné à la Bibliothèque par Madame Duvivier en 1810, et qui y est encore conservé.-La statue de Cicéron, de Houdon, qu’on voit également dans nos galeries, a été achetée par la Bibliothèque en 1836 et payée 150 francs.