Émerveillé de se savoir connu à Rome même, Pygmalion hésitait devant l’offre du tribun. Mais comment refuser à Galatée cette joie d’être logée dans le palais des ambassadeurs ? Et puis, pour un jour !…

Il accepta.

Le soir, Pomponicus vint leur tenir compagnie. Le sculpteur et lui jouèrent au cottabe. En jetant les dés, il narrait ses campagnes de Dacie, sa poursuite des Quades et des Gépides à travers les affreuses profondeurs de la forêt Hercynienne. Galatée écoutait ce héros avec ravissement — et Pygmalion, qui, malgré son désir de perdre, gagnait à tout coup, s’ébahissait que leur hôte fût un si piètre joueur.

Des le matin, Pygmalion partit à la recherche d’un autre logis. Galatée, trop lasse pour courir la ville, attendrait son retour. Rien ne pressait, Pomponicus ne partant que tard dans la soirée.

Le Cypriote, guidé par un Syracusain complaisant, ne tarda guère à découvrir, dans le paisible quartier de Tyché, au-dessus du port de Trogile, une maison, jolie et presque neuve. Toute blanche, elle avait des jardins fleuris et des terrasses ombragées de citronniers, d’où la vue s’étendait sur les forêts de l’Hybla, l’immensité bleue de la mer Ionienne, et, tout au fond, les neiges de l’Etna. — Délicieux refuge pour leur amour ! Aujourd’hui même ils s’y installeraient, car des meubles — outre une vieille esclave libyenne — garnissaient les appartements.

Tout joyeux du marché conclu, il regagna l’Achradine. Le soleil était au haut de sa course, et l’ombre des gnomons entamait la sixième heure, lorsqu’il entra dans le palais, se hâtant vers la chambre de Galatée.

Personne !

— « Elle doit être chez Pomponicus : elle s’ennuyait, sans doute ! — J’ai été si longtemps dehors ! »

Il courut chez l’officier.

Des esclaves nettoyaient la pièce, secouant les tentures, déplaçant les meubles.