26 novembre.—Séjour à Fossonbrone à cause de la neige.

27 novembre.—Je pars à quatre heures du matin; beau clair de lune, temps froid; passé à Sinigalia, très joli petit port de mer sur l'Adriatique.

Arrivé à trois heures à Ancône, ville très commerçante, qui augmente tous les jours.

28 novembre.—Parti d'Ancône à huit heures j'arrive à Lorette à midi.

Je vois l'église et la Sainte-Chapelle, Santa Casa, qui suivant une ancienne tradition est la maison où Notre-Seigneur Jésus-Christ s'est incarné. C'est-à-dire la maison de la sainte Vierge. On a laissé les murs dans leur état naturel, on s'est borné à orner les lambris d'une grande quantité de lampes d'argent massif d'un poids considérable.

Le trésor renferme des richesses incroyables, diamants, perles, rubis, etc., provenant des largesses des plus grands princes de l'Europe.

Arrivé à Macerata à quatre heures et demie je suis obligé de m'arrêter pour faire remettre des vis à ma chaise et parce qu'on m'annonce qu'il y a du danger sur le chemin.

29 novembre.—Parti de Macerata avant jour; arrivé à Tolentino, j'apprends que le passage du col Fiorito (Apennins) est intercepté par les neiges et l'on me fait attendre trois heures.

Je pars pourtant sur de nouveaux renseignements, qui annoncent qu'on a fait le passage; je trouve beaucoup de neige qui rend le chemin difficile; j'arrive non sans peine à Serravalle au pied des Apennins.

Le maître de poste de Ponte-della-Trava, voulant me faire coucher chez lui, m'avait annoncé que je trouverais grand monde à Serravalle, et que je ne pourrais pas me loger. Je ne me laisse pas faire et voyant surtout qu'il veut m'étrangler pour le prix, je demande des chevaux; il me les refuse sous prétexte qu'il n'en a pas.