17 décembre 1787.—La villa Conti où je suis allé ce matin m'a fait grand plaisir; il y a de beaux jardins et des jeux d'eau fort agréables; mais ceux de la villa Aldobrandini dite Belvédère, appartenant au prince Paul Borghèse, sont encore supérieurs. On les fait jouer particulièrement pour les visiteurs étrangers; ils forment des effets merveilleux et des surprises de toute espèce.

Ce palais jouit d'une très belle vue; il est orné de belles peintures du cavalier d'Arpin.

Après dîner nous passons à Grotta-Ferrata, abbaye où nous admirons des fresques du Dominiquin.

En rentrant nous trouvons à 3 milles de Rome la fontaine d'Acquafelice, dont les eaux sont conduites dans la ville par des aqueducs magnifiques et très bien conservés.

19 décembre.—Revu Saint-Pierre avec un nouveau plaisir.

20 décembre.—Consistoire public au Vatican pour la réception d'un cardinal, cérémonie qui n'a d'intéressant que l'importance des gens qui la font, et les compliments qui se récitent en latin, que l'on n'entend guère.

Il y a cependant beaucoup d'étrangers, pour voir le Pape et les cardinaux en costume de gala.

La fonction ne consiste, autant que j'ai pu le voir, qu'à présenter le nouveau cardinal au Pape, auquel il baise les mains, la poitrine et le front; il va donner ensuite une accolade à ses confrères, et reçoit exhortation du Saint-Père sur ses devoirs et tout est dit.

21 décembre.—Vu le Capitole et la villa Albani; pour les détails je renvoie au livre de Vasi qui en parle assez bien; je dirai seulement que les tableaux du Capitole qui m'ont plu davantage sont la Fortune, du Guido, et celui de Moïse faisant sortir l'eau du rocher, de Luc Giordano.

La villa Albani passe pour la plus agréable des environs de Rome. (Aujourd'hui cette villa appartient à la famille Torlonia.)