À côté de la cascade se trouvent le temple de Vesta très bien conservé et celui de la Sibylle qu'on dit fondé par Numa, second roi de Rome, pour la nymphe Egérie.
Nous rentrons et nous nous couchons de bonne heure.
16 décembre 1787.—Le matin du dimanche je vais à la messe avant jour, puis je vais réveiller mes compagnons qui me font perdre une heure parce qu'ils ont mal dormi. Après le déjeuner nous retournons voir la cascade, le temple de Vesta et la villa d'Est. Bâtie il y a deux cent trente ans par un cardinal d'Est, elle est aujourd'hui plus dégradée que beaucoup d'édifices romains. La vue est fort étendue et très belle; elle appartient au duc de Modène.
De là nous allons dans les débris de l'ancienne villa de Mécène, dont on ne voit plus que les murs et la grandeur des chambres, qui ont des voûtes d'une hardiesse étonnante; ces murs subsistent depuis dix-sept cents ans et paraissent devoir subsister longtemps encore.
On nous montre les ruines de la maison d'Horace et d'un temple d'Hercule; puis nous allons dîner pour repartir à midi.
Au lieu de retourner à Rome directement, on nous propose de voir Frascati; nous visitons la villa Adriana, par des chemins boueux et mauvais. Nous nous en tirons cependant parce que le temps s'était remis au beau.
Dans cette maison de plaisance de l'empereur Adrien, il n'y a plus que des ruines, mais de superbes ruines: un ancien amphithéâtre, un temple du dieu Canope (divinité égyptienne dont les prêtres passaient pour magiciens), le temple d'Apollon et la salle des Gardes fixèrent notre attention.
Nous cherchons le chemin de Frascati; en voulant couper court, contre mon avis, nous nous trompons de route, et nous sommes obligés de rejoindre le vrai chemin en passant à travers champs et fossés. Enfin nous arrivons à Frascati à six heures du soir en pleine nuit; ayant traversé la villa Braciani.
Nous cherchons une hôtellerie; on nous conduit d'abord dans un cabaret, ensuite dans une étable; enfin nous trouvons la bonne auberge où l'on nous offre trois lits pour six.
Nous nous arrangeons cependant, en faisant mettre des matelas par terre; nous nous couchons, mais nous dormons mal.