Les plus belles églises sont Saint-Joseph, Saint-Dominique et la cathédrale (ou le Dôme) dédiée à Sainte-Rosalie, patronne des Palermitains, que l'on rebâtit actuellement sur un plan du chevalier Fuga.

Il laisse subsister dans la nouvelle église tout ce qui peut être conservé de la partie supérieure gothique, et fait rebâtir à neuf la partie inférieure à la moderne ce qui fait un très bel effet.

Il y a deux théâtres à Palerme; dans l'un on joue des opéras en temps ordinaire, et des oratorios pendant le carême.

L'autre théâtre est pour les farces.

La noblesse palermitaine est extrêmement affable, et reçoit très bien les étrangers; il y a beaucoup de très jolies femmes qui sont assez agréables, quoiqu'elles ne soient pas très spirituelles.

Les Capucins ont leur église et leur couvent à une distance d'un mille de la ville, en belle situation, avec un magnifique jardin où sont des citronniers et des orangers. Au-dessous de l'église est le cimetière où les corps sont conservés après avoir été desséchés; beaucoup de nobles s'y font enterrer.

23 février 1788.—Parti pour Saint-Martin, couvent de Bénédictins. Ces religieux sont fort riches et reçoivent très bien les étrangers qui viennent les visiter dans leur solitude. On dit qu'ils y sont obligés par les règles de leur fondation; dans tous les cas, ils s'acquittent de leur obligation d'une manière honorable. Ils leur donnent à dîner splendidement, et reçoivent à coucher tous ceux qui sont dans ce cas; les femmes ne sont pas admises. Ils ont fait bâtir dans un endroit très sauvage, un superbe palais au lieu même où était leur ancienne habitation.

La façade n'est qu'ébauchée, ainsi que les cours et les jardins; jusqu'à présent ils n'ont pensé qu'à l'intérieur le plus urgent.

On trouve en entrant un grand péristyle avec vingt-quatre colonnes et douze pilastres, un bassin de fontaine en marbre de Sicile fort beau, ainsi que le pavé en mosaïque.

Au fond, est une statue équestre de saint Martin, donnant à un pauvre la moitié de son manteau. Cette œuvre capitale, tout en marbre blanc, est considérée comme le chef-d'œuvre d'un sculpteur palermitain dont le nom m'est inconnu.